26.6.07

Communiqué Fnac Service

Fnac Service : 60 licenciés saisissent les prud'hommes

Une soixantaine des 231 salariés que comptait la société FNAC SERVICE il y a un an a saisi le Conseil de Prud’hommes de BOBIGNY pour voir constater :

- des graves manquements qui ont été à l’origine de mesures de licenciement massivement notifiées en violation des dispositions légales et des engagements pris par la direction de la société dans un plan de sauvegarde de l’emploi arrêté en juillet 2006

- des violations systématiques de la législation et de la réglementation du travail pénalement sanctionnées puisque de très nombreux salariés étaient précairement embauchés à temps partiel alors qu’ils travaillaient illégalement presque à temps complet par le biais d’heures supplémentaires.

Triste bilan pour une société et un groupe qui, avec une rare indécence, se targuaient il y a un an de reclasser TOUS les salariés concernés par le projet de fermeture.

On rappellera que le 18 mai 2006, soucieux d’augmenter ses profits, le groupe PPR a décidé de fermer définitivement sa filiale Fnac Service spécialisée dans les travaux photo et s’est publiquement engagé à reclasser l’ensemble des 231 personnes aux termes de communiqués de presse massivement diffusés.

Le motif officiel de cette fermeture : le passage de la photographie argentique au numérique comme si cette mutation n’avait pu être anticipée ! Les salariés pâtissent donc de la sidérante imprévoyance d’une direction qui n’avait pas pris les mesures nécessaires pour s’engager dans la photographie numérique comme ses principaux concurrents ont pu le faire.

Le véritable motif : pendant 30 ans, Fnac Service a régulièrement fait remonter au Groupe FNAC d’importants bénéfices qui ont été ensuite distribués aux actionnaires alors que s’ils avaient été réinvestis au sein de l’entreprise, celle-ci aurait pu gérer sans difficulté cette mutation notamment au travers d’une Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences (GPEC) qui a fait cruellement défaut.

Lorsque ces profits ont diminué, la société comme ses salariés ne présentaient plus aucun intérêt aux yeux du Groupe, mais il fallait s’en débarrasser « proprement » aux yeux de l’opinion publique, d’où la campagne bien orchestrée par les puissants services de communication maison.

Pour faire bonne figure, la direction à travers son directeur général : Stéphane Grodner, s’est donc engagée à reclasser tous les salariés soit au sein de la FNAC, soit au sein des différentes structures composant le Groupe PPR. Engagement peu contraignant en réalité : les 231 salariés devaient facilement être reclassés dans un Groupe qui en compte 85.000 et qui réalise un chiffre d’affaires annuel de 17,8 Milliards d’Euros. Les salariés croyaient pouvoir donner leur confiance à FNAC SA qui s’auto-proclame « entreprise citoyenne » comme au Groupe PPR qui revendique, sur son site internet, sa « responsabilité sociale » et assure manifester toute son « attention aux hommes et femmes » qui oeuvrent chaque jour à la prospérité de ses actionnaires.


Cette confiance a rapidement été trahie. A ce jour, à peine une soixantaine de salariés a été difficilement reclassée
… soit 30 % seulement, au sein de FNAC SA, et pas plus de trois dans les autres filiales du Groupe PPR ! La direction en est tellement consciente qu’elle communique des chiffres de reclassement totalement fantaisistes dans lesquels elle prend en compte les salariés...licenciés et qui ont ensuite retrouvé, par leurs propres moyens, un emploi en dehors du groupe.



En réalité, aucune action sérieuse de reclassement n’a été engagée malgré les moyens dont dispose ce puissant et prospère groupe économique. Ni la direction de la société, ni celle du groupe, n’ont mis en oeuvre les moyens nécessaires pour permettre ces reclassements. Aucune structure n’a été mise en place, dédiée à ce reclassement, sans doute pour éviter des dépenses que ce groupe plus que profitable a préféré affecter ailleurs.
Le Comité d’entreprise a saisi une première fois la justice.

Par ordonnance du 5 janvier 2007, le Tribunal de Grande Instance de BOBIGNY a pris la mesure de non seulement rappeler les groupes PPR et FNAC à leurs obligations légales mais a également tenu à fustiger la déloyauté manifestée par ces sociétés dans l’exécution du Plan de Sauvegarde de l’Emploi au sein de la filiale FNAC SERVICE. La direction de FNAC SERVICE et du Groupe PPR n’en ont eu que faire. A preuve, et témoignant d’un stupéfiant mépris à l’égard des salariés concernés et d’une curieuse conception du respect dû à l’autorité judiciaire, la FNAC a annoncé, le matin même de l’audience, le 2 janvier 2007, l’envoi de 46 lettres de licenciement aux vendeurs affectés aux magasins lesquels ont donc appris leurs licenciements au cours des débats devant le Tribunal !



Et à peine quatre semaines plus tard
, alors que toujours rien n’avait été sérieusement mis en place pour veiller au reclassement défaillant, c’est à nouveau plusieurs dizaines de salariés qui se sont trouvés licenciés au mépris des engagements de reclassement publiquement pris quelques mois auparavant. L’Inspection du Travail de MONTREUIL vient tout récemment de dénoncer ces graves carences en refusant d’autoriser les licenciements des représentants du personnel et en constatant que la direction de la société n’a pas respecté ses engagements. C’est donc soixante de ces salariés – auxquels doivent sans doute se joindre d’autres – qui ont déjà saisi le Conseil de Prud’hommes pour voir sanctionner ces graves violations de la loi.

Ce sont ces mêmes salariés ainsi brutalement et illégalement licenciés qui ont vivement apprécié les récents propos tenus par Denis Olivennes, PDG de la FNAC, (Le Figaro.com, 27 avril 2007), et notamment :

« La FNAC ne licenciera pas. Je m’inscris dans sa tradition d’exemplarité sociale et la dynamique économique de l’entreprise lui permet de gérer en douceur ses mutations »

« S’il fallait faire un pacs avec chaque salarié pour qu’il n’y ait pas de licenciement, je le ferai ».






En photo, le dernier magasin parisien encore ouvert malgré les apparences. Trois des cinq élus du Comité d’Entreprise y travaillent en tant que responsables de magasin.

Plus de marchandises disponibles, plus de tirages numériques sur place, plus de photos d’identité, plus d’approvisionnements, la direction étant venue nous chercher des produits pour livrer les magasins franchisés, qui eux-mêmes entament une procédure en justice contre fnac service. En guise de publicité extérieure, Ce superbe caliquot « BAIL A CEDER » orne la façade du magasin depuis le début de cette année !

Fnac Service 38 rue du poteau 75018 PARIS

Dernière info : il n'y a plus de travaux photos dans notre magasin depuis le 12 JUIN sur ordre de la direction.


Commentaire Blogofnac : Nous, employés de la Fnac, avons la chance de pouvoir anticiper l'avenir et décrypter ce que communique notre direction en prenant exemple autour de nous. En s'informant justement sans être influencés par quiquonque. Les mésaventures des Fnac Service sont une répétition de ce qui a d'ores et déjà commencé chez nous. Le fonctionnement des Fnac Périphérie est un avant-goût de ce qui attend tous les magasins de l'enseigne.

Vous ne pourrez pas dire que vous n'avez pas été prévenus.

17.5.07

Appel à la grève le jeudi 24 mai

La date du jeudi 24 mai a donc été officiellement maintenue pour notre prochain mouvement. Nous espérons que vous serez nombreux à vous mobiliser. Pour les Fnac parisiennes, le point de rassemblement sera la Fnac des Ternes.

Cette date a finalement été retenue pour apporter un peu de changement, puisqu'il est vrai que nous avions choisi jusqu'à présent des vendredi ou des samedi. C'est donc offrir la possibilité aux effectifs du jeudi de se mobiliser aussi.
Nous vous invitons à être productifs en pancartes, banderoles et idées en tous genres.

Bon courage à tous !

Analyse de la crise sociale à la Fnac

Voici le rapport que nous a fait parvenir un étudiant en communication interne. Il décrit les étapes de la crise que nous traversons à la Fnac, puis analyse brillamment la situation. Nous le remercions pour sa contribution très intéressante.

L’agitateur culturel s’agite - Communication de crise

La Fnac est en train de vivre une crise sociale : le PDG, Denis Olivennes, a récemment annoncé la suppression de 300 postes dans les services administratifs. Sept syndicats ont alors appelés à la grève le 4 mai 2007.

8 mois avant la crise

Tout a commencé en octobre 2006, lorsque le PDG présente à l’ensemble de ses 900 cadres un plan stratégique pour les cinq prochaines années. La raison de cette décision est la baisse de rentabilité du groupe. Les syndicats réagissent à cette nouvelle en lançant un premier appel à la grève. Des rumeurs de licenciements et de rachat apparaissent dans le camps des salariés. Pour autant aucune communication ne semble être faite en interne.

7 mois avant la crise

En novembre, le PDG de la Fnac est interviewé dans La vie des médias sur LCI. Lors de son passage, il revient sur les bouleversements des modes de consommation. A cette époque, le PDG est conscient du plan social à venir. Pourtant il n’en dit rien. Cela peut sembler étrange, d’autant qu’il affirme que la Fnac ne cesse d’augmenter son chiffre d’affaire, « on continue de vendre beaucoup de disques : plus de 22 millions en 2005 ».

3 mois avant la crise

Le PDG de la Fnac publie un essai : La gratuité, c’est le vol. Quand le piratage tue la culture. Il y dénonce le piratage et entend protéger la culture. Par le biais de cette publication, il se légitime rapidement en tant que partie prenante à cette problématique.
Denis Olivennes est désormais une « référence » dans la polémique du piratage sur internet. Ceci peut être pour mieux préparer la crise à venir de la Fnac dans l’opinion publique ?

Le mois précédant la crise

Le 24 avril :
Une procédure de plan social est lancée lors du comité central d’entreprise, prévoyant la suppression nette de 300 postes d’ici à mi 2008. Un nouvel interlocuteur arrive alors sur la scène médiatique : le DRH. En effet, ce n’est pas le PDG qui annonce la mesure mais le DRH. Ce sera sa seule intervention. C’est à cette date que les syndicats annoncent la date du 4 mai comme grève nationale.

Le 27 avril :
Le PDG de la Fnac revient sur le devant de la scène en accordant une interview au Figaro dans laquelle il dément les rumeurs de licenciements, celles-ci prenant pourtant de plus en plus d’importance. Malgré cela, la Fnac semble rester dans une stratégie de transparence maîtrisée : elle ne communique uniquement sur ce qu’elle souhaite. Il semble par exemple exister un plan GPEC dont on n’entend pas parler. D’autre part, les inquiétudes des salariés quant à leur avenir ne sont pas levées.

Début Mai :
Pour répondre aux interrogations et craintes des salariés, des tracts et affiches réalisés par la direction sont distribués aux employés. La direction ressent sûrement le besoin d’informer en interne et mesure l’importance grandissante des revendications salariales.
L’intranet offre également la possibilité aux salariés de visionner un discours leur expliquant la situation. L’interlocuteur est toujours le PDG. Il s’est ensuite rendu sur les lieux de Fnac parisiennes afin d’écouter les revendications de ses salariés.
La communication envers les salariés fut tardive, la direction avait sûrement sous estimé les menaces de grèves et leur importance.


Pendant la crise

Le jour de la grève, les médias retranscrivent peu les propos de la DG, ce sont essentiellement les syndicats qui sont à l’honneur. On peut tout de même lire la déclaration suivante du PDG « la Fnac doit faire face à des changements dans son environnement comme la chute des ventes sur le marché du disque, la disparition des travaux photos et l’émergence d’Internet. »

Au lendemain de la grève

La déclaration du PDG que l’on peut lire dans Le Monde :
« Depuis trois ans, nous modernisons la Fnac dans le respect de ses valeurs humanistes. Il est normal que la réorganisation suscite des interrogations des salariés et la vigilance des syndicats. Je regrette que la réorganisation suscite des interrogations des salariés et la vigilance des syndicats. Je regrette que l’on n’ait pas réussi à négocier cette modernisation pourtant socialement responsable »
Le message se réoriente vraiment sur l’interne. Le PDG semble jouer la carte de l’empathie pour aboutir à des négociations.

Les différents acteurs

- le PDG : « nous sommes dans un secteur en pleine mutation » .
- le DRH : « nous devons nous moderniser ».
- les syndicats : « c’est une politique anti-sociale, c’est un danger pour la pérennité de l’entreprise et pour nos conditions de travail ».
- les salariés : « on ne comprend pas, l’entreprise se porte pourtant bien ».

Un autre « acteur » apparaît lors de cette crise : Internet. En effet, l’émergence des nouveaux médias prend toute son importance dans cette crise. Afin d’exprimer leur revendication politique sans étiquette syndicale, les salariés ont créé un blog : blogofnac. Novateur, cet outil met en exergue la nouvelle place des médias.
On comprend aussi, qu’il devient de plus en plus difficile pour une entreprise de gérer la crise dans son intégralité, devant la multiplication des sources d’informations. Il est alors nécessaire pour l’entreprise d’orienter sa communication afin de la rendre efficace.

La stratégie de la FNAC

Lors de cette crise, la stratégie de la Fnac semble d’élargir le problème. En communicant sur cette crise, la Fnac s’oriente sur un problème plus global : celui du piratage. Ainsi, en détournant le problème sur le piratage, l’opinion publique se disperse et en oubli le coeur - celui-ci, ni approfondi, ni même expliqué. La Fnac éveille un sentiment de culpabilité chez les consommateurs : « en téléchargeant, je détruis des emplois ». Elle s’oriente sur une thématique bien plus large et complexe que celle d’une restructuration. En « noyant le poisson », la Fnac conserve ainsi une image positive.

Cet argument semble pourtant faible. En effet, la Fnac va, ces prochaines années, créer plus de 3000 emplois par des ouvertures de magasins en périphérie des villes (NB : la Fnac est actuellement implantée dans les centre-villes). On peut alors se demander en quoi le piratage leur est néfaste ? N’est-il pas plutôt question d’une reclassification des métiers ?

Et pour cause, la suppression des emplois a uniquement lieu dans les services administratifs. La Fnac justifie cela par le changement de l’environnement, alors que l’argument du repositionnement stratégique serait plus recevable. En effet, la Fnac semble vouloir transformer ses disquaires et libraires en commerciaux. La nouvelle part variable attribuée aux vendeurs en est la preuve. La Fnac tend à acquérir une vocation plus commerciale que culturelle.

De plus, la Fnac semble tirer bien des profits de cette « nouvelle ère ». Elle est en effet leader sur le téléchargement en ligne via son site et ses parts de marché sur les produits numériques (IPod, clefs USB…) ne cessent d’augmenter.
Enfin, il ne faut pas l’oublier, la Fnac appartient au groupe PPR qui, entre le récent rachat de PUMA et le sponsoring de Laure Manaudou, se porte plutôt bien. Et ce, grâce à une stratégie commerciale offensive.

Sources :
Presse :
Fragilisée par Internet, la Fnac se cherche un nouveau modèle économique, le Monde, le 28 Octobre 2006
La Fnac menace de supprimer 300 emplois, le Monde, 24 Avril 2007
La Fnac va supprimer 300 postes d’ici à 2008 sans licenciement, le Monde, 26 Avril 2007
Les salariés de la Fnac en grève, le Monde, 04 Mai 2007
Les salariés de la Fnac redoutent un plan social massif et une vente de l’enseigne, le Monde, 05 Mai 2007
Fnac : 8% de grévistes selon la direction, Nouvel Obs., 04 Mai 2007
La Fnac s’interroge sur son avenir, l’Expansion, 03 Mai 2007
La gratuité va t elle tuer la culture ?, le Nouvel Observateur, 22 Mars 2007
La Fnac s’apprêterait à lancer un plan social, le Nouvel Observateur, 13 Avril 2007
La Fnac ne licencie pas, Le Figaro, 27 Avril 2007
Télévision :
La vie des médias, 4 novembre 2006
JT de TF1, 20H le 04 Mai 2007
Internet :
http://blogoFnac.blogspot.com.
www.Fnac.com

16.5.07

Une grève intelligente

Nous le savons tous, il règne à la Fnac un climat de terreur qui démobilise les gens, bien qu'ils soient une majorité écrasante à juger favorablement notre mouvement. Ils sont d'ailleurs très nombreux à attendre "quelque chose", une étincelle qui les ferait se lever avec nous.
Pour convaincre les plus réticents d'entre nous, nous devons mener une grève intelligente. Une grève indolore pour nous, mais au contraire très "douloureuse" pour nos dirigeants. Nous pensons qu'un débrayage bien organisé de quelques heures un vendredi ou un samedi est la solution la plus efficace...


Nous avons aussi tous vu que si la Province s'est mobilisée en masse sur une journée entière, ce ne fut pas le cas à Paris ou les débrayages ont duré quelques heures, le temps de se rassembler en un point. Si les employés de Forum sont venus en grand nombre, à Ternes, ils étaient une dizaine, une trentaine à Saint-Lazare. Guère plus à Montparnasse. Or ces magasins regorgent de centaines d'employés au bout du rouleau n'attendant qu'un déclic pour se joindre à nous.

Malgré ces faibles mobilisations, nous l'avons vu, la grève à Paris a quand même été une réussite, car tous les magasins ont eu la bonne idée de se réunir en un point.


Et c'est la où nous voulons en venir : une somme de petits nombres fait un grand nombre. Il vaut mieux réunir tous les débrayages en un point pour donner un effet de masse à notre mouvement, et donner ainsi envie à de plus en plus de monde de nous rejoindre.


Nous étions 100 devant Saint-Lazare le 14 avril, 300 à Montparnasse le 27 avril, 500 aux Champs-Elysées le 4 mai, combien serons nous la prochaine fois et devant quel magasin ?


Aussi, nous pensons qu'un effet "coloré" est indispensable pour marquer les esprits. 500 personnes "en civil" ça se voit, 500 personnes en gilet vert, ça saute aux yeux encore plus. Si en plus, ces 500 gilets font du bruit, si ils brandissent pancartes, drapeaux et banderoles, bref si ils se montrent coordonnés et organisés, alors la grève est une réussite... sans pour autant avoir besoin de mobiliser 100% des effectifs, et sans avoir besoin de prendre la journée. Une demi-journée suffit, ce qui permet aux plus frileux de passer une heure ou deux, histoire que la perte de salaire soit infime, comparativement à ce que l'impact d'un débrayage bien organisé et médiatisé peut nous apporter.


C'est ce que l'on pourrait appeler une grève productive : Nous voulons une grève intelligente et rentable.

La Fnac veut rentabiliser ? Rentabilisons aussi nos actions.


Voici notre proposition de "débrayage type" pour les Fnac Paris et Île-de-France :

Nous proposons une grève de préférence un vendredi ou samedi devant un magasin parisien dont le nom sera connu lors des A.G tenues une ou deux heures avant. A partir de 15h, tous les cortèges d'employés se retrouvent devant le magasin en question, en gilets verts à 100% (emmenez un sac plastique avec vous si vous craignez de le porter en chemin). Nous invitons tous les employés, grévistes ou non, à mettre la main à la patte en créant banderoles, t-shirts ou pancartes hautes en couleurs et inventives.

13.5.07

Licenciement : un cadre raconte

Vu sur tousavecpatrick.blogspot.com, le blog de soutien à un cadre licencié dernièrement de la Fnac Digitale à Paris. Il s'agit du témoignage anonyme d'un cadre racontant les étapes de son licenciement :

Voilà comme se passe un licenciement d'un encadrant à la Fnac : mise sous pression avec injonctions contradictoires. Un jour votre N+1 vous demande de réaliser des travaux, le lendemain, il vous donne une autre priorité et à l'air de se fiche du premier objectif, puis revient sur le premier, bref, vous fait tourner bourrique...

Tout ça, s’est pour préparer votre « dossier » (notez que pour certains Directeurs, c’est le comportement courant, même pas besoin d’avoir l’objectif de vous licencier, c’est dans leur mode de fonctionnement et puis cela peut servir lorsqu’ils ont besoin d’un fusible.
Donc, l’étape suivante, la convocation (préalable à l’entretien de licenciement).

Là, un courrier est prêt qui vous signifie votre mise à pied... vaut mieux être assis, là vous êtes mal. SURTOUT NE PAS SIGNER CE COURRIER : cela oblige votre N+1 à vous l’expédier en recommandé et cela aussi lui indique que vous n’êtes pas né de la dernière pluie, cela peut même le surprendre, voir l’inquiéter et vous donner un jour ou deux pour encaisser le coup et filer dare-dare chez un avocat spécialisé...
Ah, j’oubliais, à ce niveau là, avant que vous ne franchissiez le seuil de la porte, votre N+1 va vous faire la confidence qu’il est avec vous et qu’il ne vous laissera pas tomber, une fois que vous serez licencié, si, si... je vous promets, c’est du vécu.

Bon, là, il vous donne un rencard, genre mafia dans un endroit discret aux alentours du magasin (mais pas tout à coté quand même) car la chose est délicate : il s’agit de la négo, vous partez mais avec un bonus.

On oublie donc le dossier à charge et vous signez un courrier comme quoi vous êtes licencié mais pour un motif pas trop grave : vous n’êtes plus en accord avec la politique de l’entreprise (ça c’est fastoche), vous avez des divergences entre votre manière de concevoir votre métier et la manière dont le conçoit votre N+1 (facile aussi), bref, vous allez être licencié, allez percevoir vos indemnités de licenciement (= à 1mois de salaire par année de présence) et après trois mois de carence, vous toucherez vos Assedics... rien d’anormal là dedans, voilà donc le bonus : 10000 à 15000€ suivant votre niveau, votre ancienneté + le suivi par un cabinet de recrutement, genre ANPE mais privé, plus chic... si vous signez un joli papier indiquant que vous n’attaquerez pas la boîte...

Voilà donc le premier deal.
Bon, vous êtes du genre hargneux, vous voulez en découdre, l’avocat indique que vous avez toutes les chances de gagner mais il va falloir réunir des témoignages, des pièces (mieux vos avoirs au préalable et de manière régulière fait des sauvegardes de tous vos résultats, qualitatifs, quantitatifs, actions de promotions diverses et variées enfin, tout ce qui fait votre quotidien à la Fnac.

Pourquoi ? Parce que dès que vous aurez eu le premier entretien, on vous priera de prendre vos affaires personnelles et quitter à jamais votre lieu de travail pour ne pas avoir accès à aucun des docs qui pourraient servir dans une action contre votre employeur).
Pour les témoignages, il faut qu’ils soient écrits au stylo et que votre témoin joigne une copie de sa pièce d’identité ( très difficile à obtenir lorsque votre témoin bosse à la FNAC...)
Sachez que votre N+1 ne se gênera pas de son coté pour produire le témoignage de vos meilleurs amis en magasin (je tiens à remercier une certaine RCG qui me proposait la veille encore de déjeuner avec moi) genre de courrier qui fait mal...
Bon, ensuite, c’est la machinerie judiciaire qui se met en marche, comme d’hab, il vaut mieux être riche et bien portant, c’est à dire cadre plutôt qu’employé sachant que l’ouverture d’un dossier chez un avocat, c’est tout de suite 1500€...
Bon, ensuite, vous signez une convention avec l’avocat qui prendra 10% sur les gains éventuels et c’est parti pour... 5 ans : 2 ans pour passer devant les Prud’hommes qui n’arrivent pas à se mettre d’accord, puis un an pour que le dossier repasse devant le Juge qui rend un jugement ménageant la chèvre et le choux encore une année et demi pour passer en Cour d’Appel (nettement plus pro que les Prud’hommes) et encore quelques mois pour que la FNAC crache au bassinet...

Donc, c’est très long mais cela a un avantage, c’est que du coup, vous pouvez produire plein de témoignage en votre faveur car c’est incroyable ce que la FNAC sort comme personnel en 5 ans, sur un Département complet, seul deux vendeurs étaient encore en poste à l’issue de mon affaire !!! Cela donne une idée du Turn-over (pas très joyeux tout ça...)

Voilà pour le partage d’expérience, pour moi, ce n’est pas très satisfaisant, que l’on parte de manière négociée ou que l’on traîne l’affaire en Justice, on en reste marqué, à la réflexion, il n’y a qu’une manière de s’en sortir, de ne pas être isolé dans ce genre de cas, c’est d’avoir en amont la démarche de participer à un collectif en se syndiquant, c’est aussi le meilleur moyen pour avoir des infos autres que celles distillées par le DM ou la bonne parole de la Com.

Ne pas avoir que les œillères FNAC et avoir un regard un peu distancié sur son job et d’être assisté en cas de coup dûr, c’est l’antidote contre les mauvaises surprises...

Et bien voilà pour ce qui concerne mon vécu d’un licenciement de la FNAC/PPR... En espérant que vous n’aurez pas à avoir besoin de ces infos à titre personnel...


Courrier à D. Olivennes

Voici le courrier adressé jeudi 10 mai à Denis OLIVENNES par les syndicats CGT, FO, Sud et CNT Fnac Paris, faisant suite à la journée de grève du 4 mai :

Monsieur le Président, Les craintes et le mécontentement des salariés de la Fnac face aux projets que vous souhaitez déployer ne sont plus à démontrer. Les nombreux débrayages et grèves qui ont eu lieu depuis un mois et demi dans les magasins sur tout le territoire et qui ont convergé ce 4 mai vers une grève nationale d’une ampleur inégalée en sont la preuve.
De la même manière, vous avez pu constater vous-même la virulence des propos des salariés et la colère qui les animaient au cours des réunions que vous avez pris l’initiative d’organiser sur Paris. Il en fut de même pour Messieurs Decressac, Sfez et Gazuit lors de leurs déplacements dans les magasins de province.

Ce malaise ne peut que s’accroître si aucun geste d’ouverture n’est rapidement fait de la part de la direction. Il apparaît bien que les salariés ne se contentent pas de belles déclarations sur les « valeurs humanistes» ou de slogans du type « 100 % de reclassement » pas plus que de votre regret de les voir toucher un intéressement dérisoire pour 2006.
Les propos injurieux et provocateurs que vous tenez dans les médias contre les syndicats dont le personnel s’est doté ne peuvent qu’aggraver encore la tension sociale à la Fnac. En effet, l’immense majorité des salariés comprend bien que le débat ne se situe pas entre les modernes et les archaïques mais entre ceux qui mettent au centre de leur politique la recherche de la rentabilité maximum de la Fnac, quels que soient les dégâts sociaux qu’elle provoque, et ceux qui défendent les intérêts des salariés, leurs emplois, leurs salaires, leurs métiers, leurs conditions de travail.

Pour nous, il y a urgence à agir, il y a urgence à négocier. C’est pourquoi, pour les sociétés Paris, Codirep et Relais, nous vous demandons officiellement :

• l’ouverture d’une vraie négociation sur l’emploi à la Fnac et la remise à plat de votre projet back-office. Contrairement à la négociation GPEC que vous avez menée sur un périmètre sans aucun fondement juridique et qui ne pouvait que se conclure par un échec, une véritable négociation sur la gestion prévisionnelle des emplois doit, en prenant les problèmes en amont, permettre d’éviter des restructurations brutales tout en permettant d’adapter les emplois aux évolutions nécessaires à la Fnac.

• la reprise des négociations salariales qui ont été bâclées dans toutes les filiales et qui vous ont servi sans aucun dialogue à transformer le système de rémunération à la Fnac. La négociation d’une prime de 14e mois compensant la modicité de notre intéressement 2006, dont vous reconnaissez vous-mêmes qu’il est injuste.

A Fnac Paris, il va sans dire que nous sommes totalement disposés à renégocier l’accord d’intéressement pour les années 2007/2009, ce qui ne solde pas la question pour 2006. Nous vous rappelons d’ailleurs que nous avions émis ce souhait dès la signature de l’accord en juin 2006, car celui-ci, basé sur vos principes, n’apparaissait pas satisfaisant du tout pour les salariés.

A Fnac Relais, la renégociation de l’accord d’intéressement pour les années 2007/2009 est étudiée par les syndicats signataires de l’accord en cours d’application. Il va sans dire qu’elle ne pourrait se dérouler sereinement et efficacement que dans un climat social apaisé, ce qui, vous le reconnaîtrez comme nous, est loin d’être le cas actuellement.
De plus, nous vous rappelons que des obligations légales s’imposent à vous comme à tout employeur.
Ainsi en est-il des critères de la Convention collective sur les Métiers que vous ne respectez pas et des règles concernant les ouvertures exceptionnelles les jours fériés (lundi de Pâques et 14 juillet) que vous bafouez allègrement.

Persuadés que la situation actuelle à la Fnac ne peut que vous convaincre qu’il est grand temps de négocier loyalement et sincèrement avec les organisations syndicales plutôt que de les dénigrer pour tenter de justifier le fait d’imposer vos projets à la hussarde, nous attendons une prompte et positive réponse de votre part.

6.5.07

Bilan de la journée du 4 mai

C'est en province surtout que le mouvement a pris une dimension inattendue. 38 magasins sur 50 exactement, du jamais vu :

Angers, Annecy, Belfort, Bourges, Brest, Cannes, Chartres, Clermont-Ferrand, Colmar, Dijon, Grenoble Grand Place, Grenoble Victor Hugo, Le Havre, Le Mans, Lille, Lorient, Lyon Bellecour, Lyon Part-Dieu, Marseille, Metz, Montpellier, Nancy, Nantes, Nice, Nîmes, Orléans, Pau, Perpignan, Reims, Rennes, Rouen, Saint-Etienne, Strasbourg, Toulon, Toulouse, Toulouse Labège, Toulouse Micro, Tours, Troyes.

Dans ces magasins, on pouvait compter entre 60 et 90% de grévistes. La Fnac Grenoble Victor Hugo a dû fermer ses portes.

En ile de france, c'est la Fnac Forum qui s'est le plus mobilisée, en acheminant près d'une centaine d'employés sur les champs-élysées. Ils y ont été rejoints par Parinor, Montparnasse, La Défense, Italie2, Saint-Lazare, Ternes (en petit nombre), Digitale, ... pour atteindre au milieu de l'après-midi le nombre de 500 employés, qui après avoir distribué des tracts et répondu aux nombreux journalistes présents, ont bloqué l'entrée, puis investi les lieux.

A noter la présence sur les champs élysées d'employés de province et aussi de Belgique, ces derniers venant nous mettre en garde et nous faire partager leur mauvaise expérience. En effet, cela fait 2 ans déjà que les Fnac belges subissent des restructurations, et les promesses de départ de la direction, identiques à celles que l'on nous soumet aujourd'hui, n'ont pas été tenues, loin de la... Nous publierons prochainement leur témoignage.

A noter aussi la présence des employés de Surcouf (PPR) et Virgin. Le même jour, les employés de MONOPRIX ont eux aussi décidé de faire grève en revendiquant des hausses de salaire.

C'est la première fois dans l'histoire de la Fnac qu'un si grand nombre de magasins arrive à se mobiliser simultanément. C'est un succès d'autant plus important que beaucoup de magasins étaient "novices" en la matière et ne comptent que peu d'employés syndiqués. Nous sommes très heureux de constater que des gens se décident à prendre les devants et à montrer l'exemple.

Merci et bravo à tous ceux qui se sont mobilisés.

5.5.07

Mobilisation historique

Merci et bravo à tous les employés qui se sont mobilisés hier dans toutes les Fnac de France.

Cette journée a été marquée par une très forte participation, qui plus est coordonnée. A Paris, devant la Fnac Champs-Elysées, nous étions entre 400 et 500.

Nous étions très nombreux en province,dans la quasi-totalité des magasins, avec un taux de participation, allant même jusqu'à fermer comme à Grenoble.

Nos dirigeants ont (très tôt hier) annoncé un taux de mobilisation de 4%, puis de 8%, très loin de la réalité.
Néanmoins, la mobilisation aurait du être beaucoup plus forte. La direction a omis d'annoncer le nombre d'intimidations envers les employés, qui s'est encore aggravé hier... Dans plusieurs
Fnac, les cadres ont veillé au grain, de manière très efficace, face à des employés toujours aussi influençables et parfois terrorisés.

Ce que l'on retiendra heureusement de cette journée, c'est la forte mobilisation, la solidarité de tous les magasins et l'impact médiatique que notre mouvement a suscité. Bravo et merci à tous.

3.5.07

Grève nationale Vendredi 4 mai

Le Vendredi 4 mai, les employés de toutes les Fnac de France sont en grève. Nous préférons tous le dialogue et la concertation, mais notre direction a choisi à notre grande déception l'intimidation et le rapport de force. Demain, nous devrons montrer que nous ne sommes pas prêts à accepter l'inacceptable. Il est nécessaire de tous nous mobiliser pour fixer les limites.

Nous encourageons tous les employés à se réunir et à suivre leurs délégués syndicaux.
Nous avons nous-même préparer un tract que vous êtes libres de télécharger, imprimer, photocopier et distribuer, à destination de notre clientèle.


Voici le kit de tractage de blogofnac. Prêt à être imprimé, et photocopié, recto-verso (format A5) :






Nous vous encourageons à communiquer avec nos clients pour leur expliquer la situation et les conséquences des changements actuels qui les touchent directement.

Enfin, les employés de toutes les Fnac parisiennes sont eux invités à se réunir, en gilets, devant la Fnac Champs-Elysées, à partir de 15h.

Nous vous remercions pour votre soutien et vous demandons de nous aider, et donc de vous aider, en étant nombreux à vous mobiliser. Veuillez ne pas céder aux chantages et intimidations de la part de votre hiérarchie. Notre PDG Denis Olivennes nous l'a répété aujourd'hui, le droit de grève est inaliénable et nécessaire lorsque toute forme de débat se montre stérile.

Bon courage à tous.

Un bel exercice de communication

Depuis quelques jours, sont distribués dans des magasins, des tracts et affiches réalisés par la direction. De superbes tracts magnifiquement élaborés à l'aide d'une mise en page efficace et de slogans accrocheurs. Le tout envoyé en grand nombre aux cadres des magasins, chargés de distribuer, placarder et expliquer à tous les employés, comme des petits soldats au service d'une propagande de forte envergure.

Des tracts qui sont accrocheurs en effet, qui parlent de beaucoup de choses, sans rien expliquer. Aujourd'hui la direction réalise que nos actions commencent à prendre de l'ampleur, que nos moyens de communication sont efficaces, que nos explications commencent à faire réagir employés et clients, et essayent maintenant de démentir par n'importe quel moyen la "désinformation" que nous représentons à leurs yeux.

Ainsi, on assiste à un mea-culpa sur l'intéressement des Fnac parisiennes, mal calculé, et on projette un futur intéressement qui sera un vrai 14ème mois, c'est promis, juré ****

**** : à objectifs atteints, ce qui veut dire que en fin de compte, ce sera hypothétiquement un 14ème mois, mais potentiellement un 14ème jour.

A vrai dire, cela ne change pas grand chose, puisque chaque année on nous promet un intéressement fabuleux pour l'année suivante...

En lisant ces tracts et ces slogans dignes de publicités pour de la lessive, on a l'impression que l'on veut vous vendre quelque chose : que l'on veut vous faire avaler n'importe quoi.

Aussi, pour marquer le coup, Denis Olivennes s'est courageusement présenté en personne dans 4 des grandes Fnac parisiennes, hier et aujourd'hui, en compagnie de messieurs Bernard Lemaire et Yvan Michel : Ternes, Forum, Montparnasse, et Chatelêt. A chaque fois devant une foule très importante d'employés.

Pour une fois d'ailleurs, tous les employés étaient encouragés à se présenter à cette "A.G" (et rémunérés aussi !). Incroyable.

Auparavant, on pouvait avoir sur "intrafnac" un avant-goût de cette réunion, en visionnant le message de paix du PDG de la Fnac, face caméra.

Denis Olivennes a ainsi le mérite de dire vouloir calmer le jeu, et expliquer la situation. Chaque débat dans les Fnac parisiennes a ainsi commencé, dans le calme et la clarté. Puis s'est installé le flou, l'ignorance, l'évitement, et enfin l'agacement, voire dans certains cas la colère.

Explications :

Notre PDG nous explique clairement qu'il n'y aura pas de licenciement, qu'il veillera à ce que chaque reclassement se déroule bien, que ce plan social est nécessaire vis à vis de la situation du disque et de la modernisation du back-office.
Il se dit choqué de la désinformation qu'il lit ça et la, et insiste bien sur le fait que la Fnac ne perdra pas ses valeurs, qu'il y est fortement attaché. Il nous assure que la nouvelle variable ne changera en rien nos comportements, mais au contraire nous rémunérera plus justement.

Mais lorsqu'il s'agit de le mettre face à ses contradictions, et de donner des réponses claires, malheureusement, Denis Olivennes n'y est plus.

Ainsi, plusieurs questions sont restées en suspend.

Si Denis Olivennes insiste sur le fait que personne ne sera licencié, qu'il y aura 100% de reclassement, nous nous sommes interrogés à plusieurs reprises.
Pourquoi invoquer la chute du disque pour justifier le reclassement des disquaires, mais ne rien faire au contraire pour augmenter les effectifs des départements produits techniques, en surcroît d'activité ? En effet, seuls les postes "vacants" sont gelés et réservés pour disquaires et employés du back-office. Aucun poste ne sera créé dans des départements qui pourtant font face à des surcroîts de clientèle et de chiffre d'affaire, et qui sont souvent en sous-effectifs chroniques. Reclasser des employés vers des postes "vacants", cela revient à supprimer définitivement des postes.

D'autre part, personne ne se fait d'illusion sur les postes proposés qui n'ont souvent aucun rapport avec le back-office ou le disque et qui précipiteront beaucoup de "reclassés" en situation d'échec. Nous disposons d'ores et déjà de témoignages et d'exemples de vendeurs en situation d'échec, abandonnés dans des domaines qu'ils ne maîtrisent absolument pas. Dans la réalité, la personnalisation et l'accompagnement ont jusqu'à maintenant été quasi-nuls.

Ensuite, Denis Olivennes a insisté sur l'indépendance des vendeurs, et minimisé l'impact de la VIM. Évidemment, notre PDG minimise son impact dans notre façon de travailler, mais maximise son impact sur notre fiche de paie. En réalité, et nous l'avons démontré, la VIM est une variable dérisoire qui incite à travailler plus pour essayer de ne pas gagner moins, nuance.
Un de ses arguments est notamment que cette variable ne représente que 10% de notre rémunération contre beaucoup plus chez nos concurrents.
Et c'est bien ce que nous dénonçons. En procédant ainsi, on fait en sorte que les vendeurs se concurrencent entre eux, sans leur donner véritablement plus. Le beurre et l'argent du beurre. L'attitude agressive d'un vendeur commissionné, sans le rémunérer davantage.

De même quand Denis Olivennes met en avant l'absence de seuil ou de plafond sur cette variable, c'est habilement jouer sur les mots. Car en effet, en théorie, il n'y a pas de plafond ! En pratique, le plafond, c'est vous, vos capacités, ainsi que le nombre de clients et de factures réalisables par jour. Reste que les pourcentages de commissions proposés sont absolument dérisoires et que "l'absence de plafond" n'y change rien... En réalité, le plafond, ce sont ces pourcentages eux-mêmes, qui sont ridiculement bas.

Pour Denis Olivennes, cette commission n'est en rien une guelte, et il continue d'encourager les valeurs d'indépendance des vendeurs (forcément, ça plaît à nos clients). Reste que les plans de vente, associés aux objectifs de la VIM, c'est une guelte. Une guelte intéressante pour lui, puisque nous nous battrons pour vendre aux clients les plan de ventes, pas intéressante pour nous, puisqu'elle ne nous rapportera rien de plus qu'une bonne VME.

Enfin, Denis Olivennes a prôné des valeurs de dialogue et de concertation avec les partenaires sociaux en prenant appui sur des personnes qui sont justement connues pour faire passer en force leurs propositions lors des instances, et éditer les compte-rendus de négociations avant même qu'elles aient eu lieu. Ce qui n'a pas manqué de faire réagir nos représentants syndicaux.

Face à ces contradictions soulevées, l'attitude a au cours de ces débats toujours été la même : on passe à autre chose, on revient sur un autre point mieux maîtrisé, on évite. Et au final, cela finit en agacement certain de la part de tous les employés. Évidemment, quand l'audacieuse opération de communication se transforme en plébiscite et argumentaire efficace pour une grève aux yeux de tous les employés des magasins, les dirigeants fuient.
Denis Olivennes a tout de même eu le mérite, avant de partir, de nous rappeler que le droit de grève est inaliénable. Merci. La plupart des cadres l'avaient oublié ces derniers temps, il était bon de leur rappeler.

Nous sommes déçus, car nous voulions des réponses, et un débat. Nous étions prêt à entendre, à écouter attentivement cet autre son de cloche, à comprendre ces besoins de modernisation, à accepter les bonnes raisons invoquées par notre direction. Or nous n'avons entendu que des fausses notes. Et toujours ce même mépris. Le seul point positif est que cette attitude de fuite nous donne raison, aux yeux et au su des centaines d'employés présents aux A.G.

A notre sens, lorsque deux parties émettent un son de cloche différent, il s'agit de déterminer laquelle de ces parties évite le débat. Laquelle dénonce la désinformation sans argumenter clairement ses points de vue. Laquelle tente de passer en force ses idées et d'intimider les plus influençables.

Nous sommes indépendants, et nous aimons notre entreprise. Nous persistons et sommes confortés dans notre action de part nos entrevues avec nos dirigeants. Nous vous encourageons à vous mobiliser demain vendredi 4 mai, pour défendre nos conditions de travail, nos rémunérations et les valeurs de la Fnac, essentielles à son succès. Essentielles à nos succès.


27.4.07

Forte mobilisation à Montparnasse

Le mouvement d'aujourd'hui à la Fnac Montparnasse a fortement mobilisé les employés. Ils étaient entre 150 et 200 devant le magasin, bloquant son accès pendant près de deux heures durant l'après-midi.

Si quelques clients pressés dénonçaient une "prise d'otage", la plupart faisait preuve de compréhension et de soutien. Ainsi beaucoup de nos clients avouent considérer la Fnac comme le dernier bastion du "choix et du bon conseil" et sont stupéfaits en apprenant nos conditions de travail.

Ils sont une majorité à dénoncer l'idée de rémunération à la commission ou de plan de vente, qui nuisent évidemment à la qualité de conseil et de service.

Nous nous excusons auprès de nos clients qui se considèrent "pris en otage" par ce genre d'actions. Veuillez croire que c'est pour vous révéler une "prise d'otage" d'un autre genre et d'une toute autre envergure.

Par ailleurs, vous pouvez lire ici un résumé avec photos du débrayage des employés de la Fnac Nice, vendredi dernier 20 avril.

A voir sinon aujourd'hui un article sur L'Humanité.fr, mais aussi ZDNet.fr, qui consacre un article sur les blogs des salariés de la Fnac, notamment Blogofnac.

De l'archaïsme à la Fnac

Sur L'Expansion.com, Denis Olivennes déclare aujourd'hui :

Le PDG de la Fnac dénonce l'archaïsme de ses syndicats « maison ». Pour le patron de la Fnac, certains élus syndicaux du groupe qu'il dirige sont archaïques et ultra-conservateurs. « Ils disent non à tout. C'est Jurassic Fnac ! ». Sur fond d'appel à la grève le 4 mai par 4 organisations syndicales contre un plan de 400 suppressions de postes administratifs d'ici la mi-2008, Denis Olivennes a tenu à rappeler dans un entretien au Figaro que le groupe « ne licencie pas » bien qu'il ait subi 13 plans de sauvegarde de l'emploi en 15 ans.

Nous sommes choqués par de telles déclarations. En effet, si nous avons créé ce blog c'est bel et bien pour appuyer des syndicats démobilisés et affaiblis par des méthodes d'un autre âge employées par nos dirigeants. Si nous sommes indépendants, nous voulons les soutenir et encourager tous les employés à faire de même, que tout le monde comprenne bien que les syndicats ne sont pas une entité à part et représentent chacun d'entre nous dans les instances et négociations.

Si la direction prétend moderniser la Fnac, elle réalise tout l'inverse en faisant elle-même preuve d'archaïsme, utilisant des procédés indignes, faisant preuve du plus grand mépris à l'égard de ses employés.

Ultra-conservateurs ? Est-ce ultra-conservateur que de vouloir défendre son pouvoir d'achat alors que celui-ci plonge inexorablement vers la précarité ?

Voudriez vous que l'on soit assez "moderne" et "dans le coup" pour nous réjouir à l'idée de rattraper (vers le bas) l'alléchant salaire fixe des nouvelles Fnac Périphérie (800 euros Net), nous réjouir de ces fantastiques primes individuelles qui nous permettront peut-être parfois d'atteindre difficilement notre rémunération actuelle, ceci au prix d'une qualité de conseil et de service déplorables.

Voudriez vous que l'on se réjouisse de voir des suppressions de poste alors que nous aurions besoin de tout l'inverse ? Jour après jour, nous constatons que nos conditions de travail se dégradent. Jour après jour nous constatons que nos effectifs baissent. Jour après jour nous faisons face et essayons de sauver les meubles face à notre clientèle.

La Fnac était jusqu'ici à l'avant-garde en réussissant à instaurer des principes d'honnêteté envers ses clients et de confiance vis à vis de ses employés. Des principes qui ont toujours été moteurs de son succès. Aujourd'hui nous assistons à un grave retour en arrière qui va à contresens des besoins de nos clients et de la volonté des acteurs de l'entreprise. C'est ça, faire preuve d'archaïsme.

26.4.07

Dans l'air du temps...

Il n'y a pas qu'à la Fnac que ça se gâte...
Vous pourrez constater des situations qui nous sont familières chez Peugeot, ainsi que chez Airbus, qui invente le concept de l'intéressement symbolique.
Magnifique.
Devons-nous en arriver la ?

La Fnac et les médias

Hier plusieurs journaux télévisés et de nombreux médias ont parlé du plan social concernant le back-office.
Vous pouvez regarder ici le reportage du journal de 13h du mercredi 25 avril nous concernant.

Il est dommage que les médias et reportages que nous observons ne parlent que du plan social, qui n'est malheureusement que la partie visible de l'iceberg.

En effet les explications qu'on entend partout, c'est la modernisation du back-office, le reclassement des disquaires. Et comment ne pas succomber à l'argument fatal de la "chute du disque", cause de tous nos maux.

Si l'on en reste la, évidemment, on en est convaincu, la fnac va mal, les vendeurs rouspètent pour rien, ils ne s'adaptent pas à leur époque...

Or vous n'entendrez jamais parler des résultats exceptionnels de nos départements produits techniques, de l'explosion des ventes d'ordinateurs, de baladeurs, de gps, de téléphones, d'écrans plasma, ou tout simplement de dvd, qui compensent largement la chute du disque et le sabotage des travaux photos. Vous n'entendrez pas parler des dividendes en hausse de nos actionnaires.

Quand le disque chute, c'est la catastrophe, mais quand tant d'autres "items" décollent, il n'y parait rien. Tout pour culpabiliser les employés.

L'idée, c'est d'avancer des explications "évidentes" en écrans de fumée, pour détourner l'opinion des vrais problèmes.

Exemple : Nos vendeurs sont aigris ? C'est qu'ils n'ont pas le sens du client. Ce n'est absolument pas parce qu'ils se sentent surchargés et sous-payés. Votre intéressement est en baisse ? C'est à cause des syndicats qui l'ont mal négocié. Le plan social du back-office ? C'est pour moderniser, on vous dit. C'est vrai que ça va être super moderne de faire plus de choses avec moins de monde. On a pourtant l'impression de revenir en arrière, loin, très loin en arrière.

Vous n'entendrez pas parler non plus des pressions subies, des intimidations, chantages et licenciements pour celles et ceux qui expriment leur désaccord.

Nous aimerions que les médias se penchent sur les vrais problèmes inconnus du public : la nouvelle politique de rentabilité de la fnac et ses conséquences sur la qualité de service à ses clients, ainsi que sur les conditions de travail de ses employés.

24.4.07

Dernières nouvelles

Samedi 14 avril, environ 120 employés de plusieurs magasins (Montparnasse, Italie2, Forum, Parinor, ...) se sont réunis devant la FNAC Saint-Lazare, en présence des médias, à l'issue d'une semaine qui a vu plusieurs mouvements se dérouler dans pratiquement toutes les FNAC parisiennes, ainsi qu'en province : à Rouen, ils étaient 72% des employés à débrayer le 7 avril. Les magasins de Lille, Reims, Montpellier, Metz, Nice, Tours, Troyes, ... se sont aussi fortement mobilisés.

Sachez que les employés de chez Surcouf, entité de la FNAC, se sont aussi fortement mobilisés pour défendre leur rémunération ces derniers jours. Certains magasins, comme à Thiais, ont dû fermer. A Haussmann, ils étaient 80% à débrayer. Il s'agissait d'empêcher la direction de baisser le pourcentage de commission des vendeurs, qui est actuellement à 0,35% (vous savez, celui qui est à 0,05% à la FNAC). En conséquence de leur forte mobilisation, la direction a retiré le projet d'abaissement de la commission.

PPR a décidé de faire des économies, notamment en rémunérant moins ses employés. Si Surcouf s'est bien défendu et semble sorti d'affaire, nous, employés de la FNAC allons devoir subir une forte baisse de notre rémunération et de notre pouvoir d'achat. Nous devons nous mobiliser pour empêcher cela.

A Paris, le prochain mouvement aura lieu Vendredi prochain 27 avril à 15h30 devant la FNAC Montparnasse. Nous invitons tous les employés des FNAC en région parisienne à nous rejoindre pour réitérer le succès du mouvement de samedi dernier.

Une grève nationale est programmée pour le Vendredi 4 mai. Parlez en autour de vous, Mobilisez-vous !

On parle de nous

Voici quelques sites à visiter pour vous tenir informés de l'actualité Fnac :

Article du Nouvel Observateur et les commentaires qui le suivent.

Article de la Croix.

Le blog tousavecpatrick.blogspot.com, créé par des employés consécutivement au licenciement d'un Responsable de la Fnac Digitale.

Enfin, l'article Dans l'enfer du hard discount, dénonçant des pratiques de gestion dont certaines nous sont familières et qui risquent de se développer.

10.4.07

Reportage à la FNAC Saint-Lazare

Merci pour les nombreux témoignages et messages de soutien que vous nous avez fait parvenir sur blogofnac@hotmail.fr.

Ainsi nous avons pu récupérer cette vidéo tournée devant la FNAC Saint-Lazare, mercredi dernier, pendant un débrayage.


La V.I.M

On ne devait jamais passer à la guelte, c’est maintenant chose faite. Elle remplace donc notre VME collective. Elle est constituée, pour les vendeurs, de trois facteurs : un pourcentage du C.A réalisé sur facture, un montant forfaitaire pour chaque abonnement vendu, une quote-part du C.A du rayon, le tout minoré ou majoré par l'atteinte ou non d'objectifs au niveau du magasin.

Exemple de calcul :

Nous avons pris pour exemple le rayon micro-hard, l'un des rayons qui effectuent le plus grand nombre de facture et le plus gros C.A. Les taux sont : Matériel : 0.05%, Accessoires : 0.1%, Services : 0.22%

Soit 100000 euros de C.A réalisés par un vendeur micro-hard, dont 80000 de matériel, 10000 d'accessoires, 10000 de services, ce qui constituerait un excellent mois d'un très bon vendeur, dans une FNAC à forte affluence.

La V.I.M serait donc de : (0.05% x 80000) + (10000 x 0.1%) + (10000 x 0.22%) = 40 + 10 + 22 = 72 euros.

A cela il faut ajouter un "booster", soit une éventuelle minoration pouvant aller jusqu'à -50% si les objectifs fixés au début de mois ne sont pas atteints. Ces objectifs étant très souvent calculés de manières surréalistes, nous pouvons donc nous faire du soucis. Ainsi, dans le pire de cas, la prime calculée plus haut pourrait s'élever à 36 euros, cependant au cours d'un excellent mois au cours duquel notre vendeur n'a pas chômé, loin de la...

Cela veut dire que vous serez sous pression pour une prime qui sera non seulement dérisoire, mais qui risque aussi d'être minorée, plafonnée, la plupart du temps.

On peut discuter longtemps sur le fait d'être d'accord ou non avec le principe de la commission. Ce qui mettra tout le monde d'accord c'est que la V.I.M constitue la commission la plus faible enregistrée parmi nos concurrents. Un vendeur subissant la même pression gagnera beaucoup plus à la concurrence. C'est donc un moyen d'attiser notre envie de gagner plus, sans nous rémunérer plus.


Pour les équipes qui ne réalisent pas de vente sur facture, le calcul est plus difficile à comprendre, ils sont soumis aux résultats du rayon et du magasin, et risque de prendre en compte de plus en plus d'objectifs à atteindre.

N'oubliez pas que le projet métier vous astreint officiellement désormais, à d'autres tâches, comme l'encaissement, les remboursements, la gestion, le merchandising, le réassort, etc... Des tâches pendant lesquelles vous ne ferez pas de facture, et donc ne gagnerez pas de quoi vous constituer cette magnifique prime calculée plus haut.

Les conséquences de la commission sont terribles pour la qualité d’accueil et de service. Vous chercherez à vendre au plus cher, au plus vite, tout le temps. Vous sélectionnerez vos clients en lésant les moins aisés ou les plus indécis. Vous ne vous occuperez plus que des « gros » clients, qui achètent cher, et plus de ceux qui cherchent des « petits » accessoires. La guerre entre vendeurs fera rage. Ce n’est pas de la fiction. C’est la triste réalité chez nos concurrents. Nous allons nous battre les uns contre les autres, pour espérer avoir la part d'une prime qui était bien plus importante il y a peu. Vous allez avoir l'ambiance de travail de nos concurrents, mais avec des primes bien moins élevées.

Et pour ceux qui disent que la commission n'est pas une guelte : commission + plan de vente = guelte. Peu à peu certains produits nous rapporteront plus. On peut s'attendre à ce que les objectifs qui conditionnent le "booster" soient des objectifs de plan de vente.

Ne vous leurrez pas. Dans cette optique de rentabilité à outrance, la V.I.M est l'outil ultime pour moins nous rémunérer. C'est savamment calculé à l'avance. Et c'est pourquoi nous étions une des dernières enseignes à ne pas fonctionner ainsi.
C'est une façon de créer une importante quantité de chiffre d'affaire immédiate sans se soucier des retombées à l'avenir. Combien de clients vont finir par nous fuir lorsqu'ils auront compris que nous sommes passés de "l'autre côté" ?

Songez donc à votre liberté actuelle : celle de vendre ce que vous voulez, ou même de ne pas vendre. Celle de traiter vos clients comme vous aimeriez qu'on le fasse pour vous. Celle de ne pas faire de discrimination à la facture. Celle de ne pas avoir la pression sur la quantité de factures réalisées. Celle de pouvoir compter sur vos collègues.

Nous avons bâti nos succès sur une conception radicalement différente. C'est cette conception qui nous caractérise, qui constitue l'esprit de la FNAC. C'est ce qui nous a amené au sommet.

6.4.07

Quelques précisions sur les syndicats

Suite à l'affluence importante sur ce blog et aux très nombreuses réactions qu'il suscite nous voulions vous préciser les points suivants, qui sont essentiels à la réussite de notre mouvement.

Nous entendons souvent des "
je ne suis pas concerné pour l'instant"... "De tout façon les syndicats ils en font trop"...
Il semble en effet que le discours "démodé" des syndicats n'arrivent plus aux oreilles des employés. La plupart des salariés de la FNAC sont devenus "hermétiques" au vocabulaire syndicaliste et voient en chacun d'entre eux, une caricature.

1. N'attendez pas que l'incendie arrive à votre porte pour l'éteindre. A un moment ou à un autre, vous aurez tous "chauds aux fesses", et serez heureux de voir du monde vous soutenir.

2. Nous tenons à rappeler que notre action s'effectue indépendamment des syndicats. En effet nous pensons que si des personnes n'osent pas réagir c'est effectivement du aux pressions et manipulations organisées par la direction, mais aussi parce que les employés de la FNAC ne se reconnaissent plus dans leurs représentants.

Il est important que tous les employés, qu'ils soient de gauche ou de droite, qu'ils se sentent concernés directement ou non, comprennent ceci :
il n'y a pas les syndicats, la direction, et vous au milieu.

Les syndicats, c'est nous tous. Ils existent pour nous défendre et nous représenter. Si ils sont mauvais, c'est que VOUS êtes mauvais. VOUS devez faire en sorte de les améliorer. VOUS devez les soutenir pour qu'ils soient plus proches de vos idées. Ne boudez pas non plus trop vite les "caricatures", car ils sont indispensables à la réussite des négociations avec les représentants de la direction, et se sont montrés particulièrement efficaces jusqu'alors. Mais pour combien de temps... Ils ont besoin de vous, de votre soutien et de vos idées !

Sans eux nos conditions seraient encore plus préoccupantes.
Il ne faut pas fuir parce que vous ne vous voyez pas en eux, il faut en contraire les soutenir, les corriger, les aider. Il faut que vous communiquiez ensemble pour qu'à terme, vous vous voyez en eux. Ce sont VOS élus. Ils ont besoin de vous, pour mieux comprendre vos attentes, ils ont besoin de VOS idées, de vos actions.

Sachez enfin que le droit de grève est essentiel, et inaliénable. Il est facteur de bon nombre de nos avantages d'aujourd'hui.
Si vous subissez des pressions, parlez-en à vos élus, ou envoyez-nous vos témoignages.

Nous voulons dialoguer, nous voulons nous exprimer. Hors la plupart d'entre nous sont muselés. Lorsqu'une des parties tente de passer en force, sans discussion, il ne peut s'agir que d'imposer des idées qui ne sont qu'à leur avantage. Si tout s'annonçait rose pour nous tous, nous ne subirions pas tant d'intimidations, et vous ne verriez pas vos responsables sous une telle pression.

Quand on vous marche sur le pied, il faut réagir. Nous avons dit "
aïe", d'une voix fluette. Nous devons crier notre désaccord pour être entendus. Chaque voix compte. Nous comptons sur vous.

De drôles de débrayages

De nouvelles idées sont apparues, hier et avant-hier, dans les FNAC Montparnasse ou Saint-Lazare. Les employés se montrant réticents à l'idée de débrayer dans les magasins, ils sont donc descendus dans la rue, distribuer des tracts aux clients, faire signer des pétitions, et surtout dialoguer avec la clientèle. Ce genre de manifestation sympathique et bon-enfant, plaît. Les employés habituellement frileux n'ont ainsi pas l'impression de bloquer quoi que ce soit, et ça plaît aussi à la clientèle qui ne se sent pas agressée, mais qui est au contraire interloquée, puisque nos problèmes les concernent aussi. Le dialogue que l'on instaure avec eux les touche, et ils apportent presque systématiquement leur soutien aux employés de la FNAC..
Dans la durée, ce genre d'actions, si l'on communique efficacement, aura un impact très important.

D'autres manifestations de ce type sont prévues ce week-end dans les FNAC parisiennes.

Une année dure 14 mois... au siège

Saviez vous qu'au siège de la FNAC, le temps s'écoule plus lentement ? 14 mois pour une année, Denis Olivennes n'avait finalement pas complètement menti...
L'intéressement des employés du siège atteint donc 1200 euros (et nous sommes très contents pour eux).
Soit en moyenne 5 fois plus que les magasins parisiens.

On se demande qui réalise le chiffre d'affaire.... qui est en première ligne... qui subit les mauvaises décisions mais fait avec ? (pôle mobilité, Fnac mobile avec Orange,...).

3.4.07

Chers Adhérents, chers clients

La Fnac a bâti son succès en vous manifestant du respect. Tout d’abord, en vous proposant le choix le plus large possible dans les domaines de la culture et des nouvelles technologies. Un choix d’experts, et non pas de marques. Notre souci a toujours été de vous conseiller avec objectivité. Nos vendeurs n’ont jamais eu l’obligation de vous vendre n’importe quoi à n’importe quel prix : nous n’avons compté que sur nos qualités d’accueil, de choix, et de conseil, pour vous fidéliser. Et nous avons réussi, puisque la FNAC est devenue une enseigne leader dans son domaine, enregistrant années après années des bénéfices toujours plus importants. La FNAC est ainsi devenue une institution, s’offrant une place de choix dans le cœur des français.

Nos équipes ont toujours travaillé main dans la main pour vous offrir le meilleur service possible : pas de concurrence entre vendeurs, ni entre magasins. Votre satisfaction a toujours été notre priorité, notre but. Nous avons fait le choix de l’accomplir collectivement pour être sur de le mener à bien. Notre motivation a toujours été confortée par une rémunération collective à la mesure de nos compétences, et des conditions de travail intéressantes.

Depuis quelques années, on nous reproche notre manque de disponibilité, parfois notre défaut de qualité d’accueil : c’est vrai, nous ne sommes plus aussi bons qu’avant.
La raison en est simple : nos rémunérations et nos effectifs baissent à mesure que notre charge de travail augmente. Nous sommes dirigés par des gens qui ne songent qu' à rentabiliser à outrance pour mieux nous revendre. Une direction qui méprise tout idée de commerce honnête. Leur but n’est bel et bien plus de nous apporter mutuellement. Mais au contraire exploiter notre relation de confiance. Des pressions nous accablent, des têtes tombent injustement, car on nous demande de vous trahir, vous. Vous qui nous avez fait, vous qui nous avez amené au plus haut.

Depuis quelques temps, on nous oblige à vous mentir. Nous ne sommes plus aussi indépendants que nous en avons l’air. Nous sommes tenus de vous vendre une sélection de produits, nous sommes mis sous pression pour vous inciter à prendre des crédits à des taux exorbitants. Nous vous mentons au sujet de fausses promotions, de fausses bonnes affaires, où de « choix des vendeurs » qui ne sont que les choix des plus grosses marges arrières.
Aussi, nous ne sommes quasiment plus formés. Nous sommes mis sous pression et jugés sur nos performances de ventes d’assurances ou de crédits. C’est à qui arnaquera le mieux. La cible : vous.

Pourquoi ont-ils fait ce choix ? Pourquoi assassiner l’esprit FNAC ?
Parce que l’idée de commerce honnête est une abomination pour certains. Ce sont des gens qui n’ont du commerce qu’une conception détestable dénuée de confiance. La qualité, l’objectivité, la culture, l’intelligence : ce ne sont pas des concepts rentables sur lesquels il fait bon investir.
Il vaut mieux la naïveté, la tromperie, le mensonge, la nullité : ce sont des éléments qu’ils maîtrisent, des placement sûrs. Ils ne peuvent concevoir que l’on peut vendre sans tromper. Que l’on peut réussir sans tricher.
Hors nous n’avions jamais triché avec vous. Et c’est ce qui a fait notre succès.

De même, l’idée de voir un employé toucher plus que le smic leur est insupportable. Il fallait nous remettre à notre place. C’est maintenant chose faite, à mesure que nos rémunérations baissent. Aujourd’hui un salarié fnac vit difficilement. Dans les grandes villes, payer son loyer devient problématique. Alors, ne parlons même pas du reste. Nous n’avons même plus les moyens de connaître les produits que l’on vous vend. D’experts confirmés, nous sommes passés au statut de précaires aux connaissances limitées. Mais vous, vous nous faites toujours confiance, sans comprendre notre mal à l’aise, et notre attitude de fuite.

Aujourd’hui, nos dirigeants veulent profiter de notre image prestigieuse, tout en nous forçant à changer de l’intérieur.
Si nous sommes parfois distants, si nous manquons d’entrain, c’est à cause de cela. Vous nous voyez encore comme des gens indépendants, libres et considérés, hors nous sommes soumis, accablés et méprisés par nos dirigeants.

Nous allons maintenant être payés à la commission. Nous pouvons maintenant le dire officiellement : la FNAC n’est plus indépendante. Elle est une grande surface comme les autres. Sauf qu’elle continuera à se prendre pour quelque chose qu’elle ne sera plus. Elle continuera de vous attirer dans ce qui sera désormais un guet-apens.

Si nous avons décidé de faire grève, c’est pour cela. Pour nous protéger, pous défendre notre statut indépendant. Mais surtout pour vous. Car nous revendiquons notre droit à l'honnêteté envers ceux qui nous ont fait réussir : vous. Car nous refusons de brader les valeurs louables de la FNAC. Nous vous demandons de nous soutenir. Pour que la rentabilité sauvage n’ait pas raison de la qualité de choix et de conseil que vous êtes en droit d’attendre.

Aujourd’hui nous subissons des menaces, des chantages inadmissibles, dès que nous faisons preuve de réticences, ou lorsque nous évoquons l’idée de faire grève. Cette entreprise libertaire se révèle être prise d’assaut par des dirigeants sans scrupule qui mettent en œuvre une véritable "épuration éthique". Nous sommes une majorité à dénoncer cette situation, mais notre entreprise est gangrenée « par le haut ». Nos cadres ont peur, et exécutent les ordres. Une situation de terreur s'est instaurée parmi nous.

Nous ne voulons pas assister à la fin de l’une des plus belles entreprises de commerce française, dans une époque qui ne respecte plus ses consommateurs.
Nous avons besoin de vous. Aidez nous à sauver la FNAC.

Merci.

La Gratuité, c'est le vol

"La gratuité, c'est le vol"
Denis Olivennes, 2007

Supprimer des postes, baisser les rémunérations, et tromper les clients d'une entreprise dont les bénéfices et dividendes augmentent. Faire des économies sur le dos de gens qui ne s'économisent pas pour vous. Ne serait-ce pas ça, le vol ?

Dans son livre, le PDG de la FNAC dénonce le piratage, et entend protéger la culture. Comme à son habitude, il parle très fort pour faire diversion, et endormir l'opinion publique face à ses véritables intentions. Comme à son habitude, il agit à l'opposé.

Les autres phrases célèbres de Denis Olivennes :


« Pas de paiement à la guelte à la fnac, jamais ! »
Ne jamais dire jamais.


« 100% client ! tout pour satisfaire le client ! »
Remplacez le mot "client" par "actionnaire".

« La fnac n’est pas en vente !»
Pas en vente, mais à vendre.

« L’intéressement, un 14ème mois ! »
Une erreur s'est glissée. Il fallait lire "1/14ème de mois".


« Ceux qui travaillent plus doivent gagner plus…»
Ça c'est pas de lui...


Faut-il rappeler que nous avons tous travaillé plus ces dernières années ? Et ce, non sans bons résultats. Notre pouvoir d'achat a lui, dégringolé.
Merci pour cette leçon d'honnêteté.

Ce qui a changé à la FNAC

La FNAC a toujours cultivé sa différence, et son image d’agitateur, pour vendre. Et cela a très bien fonctionné, puisqu’elle est une des enseignes favorites des français. Un mélange rassurant de culture et de nouvelles technologies. La diversité, ainsi que la qualité de conseil et de service suffisent à faire vendre. Car les clients viennent, et reviennent. Ils adhèrent, et ont l’impression de faire partie d’un club d’achat pour personnes éclairées. Le succès est tel que la FNAC n’a plus besoin de faire de publicité, elle est devenue une véritable institution.

Dans son organisation interne, la FNAC était encore il y a quelques années, un modèle. Une rémunération collective qui met en valeur le professionnalisme de ses vendeurs. Des vendeurs qui sont payés pour vendre, et non pas qui vendent pour être payés.
Les employés FNAC jouissent alors d’un pouvoir d’achat intéressant, et de bonnes conditions de travail : comité d’entreprise, prime de vacances, treizième mois, intéressement, participation….
Aussi, ils bénéficient d’une certaine considération, d’une prise en compte de leurs compétences, de formations régulières, et d’un véritable pouvoir de décision sur les produits et la marche d’un rayon. A l’époque, on portait le gilet vert avec une certaine fierté. Rentrer en tant que collaborateur à la FNAC était synonyme de réussite.

Les changements des dernières années :

Centralisation, Marges arrières :
Tout d’abord, les vendeurs perdent de leur autonomie en donnant plus de pouvoir à la centrale d’achat, qui est maintenant seule décideuse du choix des produits. Les vendeurs n’ont plus la main. Au contraire, on leur instaure des plans de vente, produits bénéficiant de marges arrières supplémentaires, parfois baptisées « le choix des vendeurs fnac ». Ainsi la centrale pilote les marges, de manière opaque, et récupère donc facilement une plus grosse part. Plusieurs entités et filiales de PPR servent d'intermédiaires et récupèrent ainsi des points de marge.
C’est une manière de faire baisser les marges aux yeux de tout le monde, mais pas aux yeux du portefeuille des actionnaires. Ainsi la chute des marges n’a jamais eu lieu. Elles ont tout simplement été transférées "ailleurs".

Services, vente à crédits :
Les rayons produits techniques instaurent peu à peu l’ambiance du paiement à la guelte :
Stress, pressions, concurrence entre vendeurs. Pourtant sans les avantages, c’est à dire, une bonne commission. Les vendeurs se tirent la bourre, mais ne gagnent pas plus. Même la VMEI n’est qu’une illusion de commission.

Même chose au service clients, avec les cartes FNAC, et les crédits. On oblige maintenant les clients à ouvrir des cartes de crédits, et non plus des cartes de fidélité. En effet, les employés du service adhésion sont mis en concurrence, et parfois sous une pression insoutenable.
Les chantages qui s’accompagnent sont fréquents : chantage à l'embauche, pour un CDI, ou même pour obtenir un simple jour de congé. Il s’agit d’instaurer une ambiance de paiement à la guelte, pour mieux diviser les employés, mais sans la guelte.

Ainsi, peu à peu, et au fil des abandons de postes et licenciements le vendeur expert s’est transformé en vendeur stagiaire. Des équipes de produits techniques, sensées être pointues dans leur domaine, qui comportent cependant les caractéristiques d’un turn-over de mac donald. Les contrats précaires se suivent et se ressemblent… De moins en moins orientés produits, mais résolument assurances, crédits, cartes fnac. Les formations produits, disparaissent peu à peu…
Si tout doit changer à l’intérieur, rien ne doit paraître à l’extérieur. Car il s’agit de notre image de marque, celle qui attire nos clients. Nos vendeurs doivent rester aux yeux de nos clients agitateurs, experts, indépendants, cependant au service de produits plan de vente et de certaines marques…

C’est cette prise de conscience qui exprime le paradoxe du vendeur fnac. Vendeur expert mais vendeur stagiaire. Vendeur indépendant mais vendeur de plan de vente. Vendeur sous pression mais vendeur sans commission.
Un vendeur au statut incohérent, qui plus est en sous-effectif chronique.

Les clients, eux, ne sont pas au courant. Ils attendent toujours au tournant leur vendeur expert et objectif. Ils attendent aussi, et c’est normal, qu’on ait le sourire et que l’on soit proche de leurs attentes.
Aujourd’hui peu de vendeurs peuvent se targuer d’être toujours aussi assidus dans la connaissance de leurs produits. Déjà parce que ce ne sont plus leurs produits. Mais surtout parce qu’ils n’ont plus le temps ni la motivation. Car si la clientèle augmente, le nombre de vendeur a au contraire tendance à se réduire. Leurs compétences et taches, elles, augmentent toujours plus.
Pour couronner le tout, les augmentations de salaires disparaissent peu à peu. Elles atteignent aujourd’hui la nullité. Que dire de l’intéressement pas intéressant, qui a été divisé par 4 en 4 ans dans certains magasins. La participation chute aussi. Notre pouvoir d’achat a ainsi considérablement baissé et nos avantages qui faisaient notre spécificité, disparus.
Les perspectives d’évolution s'évanouissent ou s’adaptent aux esprits les plus conciliants.

En prenant en compte l’inflation et la hausse du coût de la vie, le salaire moyen du vendeur FNAC a fortement baissé, tandis que les bénéfices de la FNAC ont explosé.
Les pressions, elles, se multiplient. Les abandons de postes sont monnaie courante, dépressions, absentéisme… A la Fnac on ne sait plus gérer qu’au stress. Et ça ne fait que commencer. Car le travail de sape organisé par la direction a commencé par les syndicats, qui s’effritent voire disparaissent. On les dit inutiles, mais ils sont les seuls garants des respects de nos droits et libertés, face à des abus beaucoup plus dangereux.
Les salariés sont désinformés, et manipulés. Beaucoup de gens ne comprennent pas ces changements, et suivent la direction, car nous sommes habitués à leur faire confiance depuis longtemps. Mais aujourd’hui c’est un fait, les employés de la fnac sont totalement méprisés.

Les clients aussi. Ainsi depuis quelques années, les remises baissent, voire disparaissent… déjà au livre, mais aussi aux produits techniques, où de mystèrieuses "affaires de FNAC" se multiplient...
Ce sont des affaires qui n’ont d’affaires que le nom. C’est la direction qui choisit de « bloquer » ou non les remises sur tel ou tel produit, pour « protéger la rentabilité »… Pourtant, la fnac communique toujours autant sur les remises faites aux adhérents, qui déchargent leur colère sur des employés incapables d’expliquer le pourquoi du comment de ces "affaires". Car la direction n’explique rien. Peut-être trop occupée, la-bas, en arrière, avec les marges du même nom. Car les marges officielles fondent, voire passent en négatif, bloquant toute forme de visibilité et de remise.
De toute façon, les clients bronchent, mais reviennent. Ils ont une carte adhèrent, elle doit bien servir à quelque chose non ? Non.

Voila comment la fnac est en passe de réussir son pari : avoir le fonctionnement le plus économique possible, tout en gardant la meilleure image possible. Ou comment gagner le maximum avec le budget le plus ridicule possible. Et le budget, c’est nous. Nous sommes ridiculisés.