16.5.07
Une grève intelligente
13.5.07
Licenciement : un cadre raconte
Donc, l’étape suivante, la convocation (préalable à l’entretien de licenciement).
Là, un courrier est prêt qui vous signifie votre mise à pied... vaut mieux être assis, là vous êtes mal. SURTOUT NE PAS SIGNER CE COURRIER : cela oblige votre N+1 à vous l’expédier en recommandé et cela aussi lui indique que vous n’êtes pas né de la dernière pluie, cela peut même le surprendre, voir l’inquiéter et vous donner un jour ou deux pour encaisser le coup et filer dare-dare chez un avocat spécialisé...
Ah, j’oubliais, à ce niveau là, avant que vous ne franchissiez le seuil de la porte, votre N+1 va vous faire la confidence qu’il est avec vous et qu’il ne vous laissera pas tomber, une fois que vous serez licencié, si, si... je vous promets, c’est du vécu.
Bon, là, il vous donne un rencard, genre mafia dans un endroit discret aux alentours du magasin (mais pas tout à coté quand même) car la chose est délicate : il s’agit de la négo, vous partez mais avec un bonus.
Voilà donc le premier deal.
Bon, vous êtes du genre hargneux, vous voulez en découdre, l’avocat indique que vous avez toutes les chances de gagner mais il va falloir réunir des témoignages, des pièces (mieux vos avoirs au préalable et de manière régulière fait des sauvegardes de tous vos résultats, qualitatifs, quantitatifs, actions de promotions diverses et variées enfin, tout ce qui fait votre quotidien à la Fnac.
Pourquoi ? Parce que dès que vous aurez eu le premier entretien, on vous priera de prendre vos affaires personnelles et quitter à jamais votre lieu de travail pour ne pas avoir accès à aucun des docs qui pourraient servir dans une action contre votre employeur).
Pour les témoignages, il faut qu’ils soient écrits au stylo et que votre témoin joigne une copie de sa pièce d’identité ( très difficile à obtenir lorsque votre témoin bosse à la FNAC...)
Sachez que votre N+1 ne se gênera pas de son coté pour produire le témoignage de vos meilleurs amis en magasin (je tiens à remercier une certaine RCG qui me proposait la veille encore de déjeuner avec moi) genre de courrier qui fait mal...
Bon, ensuite, c’est la machinerie judiciaire qui se met en marche, comme d’hab, il vaut mieux être riche et bien portant, c’est à dire cadre plutôt qu’employé sachant que l’ouverture d’un dossier chez un avocat, c’est tout de suite 1500€...
Bon, ensuite, vous signez une convention avec l’avocat qui prendra 10% sur les gains éventuels et c’est parti pour... 5 ans : 2 ans pour passer devant les Prud’hommes qui n’arrivent pas à se mettre d’accord, puis un an pour que le dossier repasse devant le Juge qui rend un jugement ménageant la chèvre et le choux encore une année et demi pour passer en Cour d’Appel (nettement plus pro que les Prud’hommes) et encore quelques mois pour que la FNAC crache au bassinet...
Donc, c’est très long mais cela a un avantage, c’est que du coup, vous pouvez produire plein de témoignage en votre faveur car c’est incroyable ce que la FNAC sort comme personnel en 5 ans, sur un Département complet, seul deux vendeurs étaient encore en poste à l’issue de mon affaire !!! Cela donne une idée du Turn-over (pas très joyeux tout ça...)
Voilà pour le partage d’expérience, pour moi, ce n’est pas très satisfaisant, que l’on parte de manière négociée ou que l’on traîne l’affaire en Justice, on en reste marqué, à la réflexion, il n’y a qu’une manière de s’en sortir, de ne pas être isolé dans ce genre de cas, c’est d’avoir en amont la démarche de participer à un collectif en se syndiquant, c’est aussi le meilleur moyen pour avoir des infos autres que celles distillées par le DM ou la bonne parole de la Com.
Ne pas avoir que les œillères FNAC et avoir un regard un peu distancié sur son job et d’être assisté en cas de coup dûr, c’est l’antidote contre les mauvaises surprises...
Et bien voilà pour ce qui concerne mon vécu d’un licenciement de la FNAC/PPR... En espérant que vous n’aurez pas à avoir besoin de ces infos à titre personnel...
Courrier à D. Olivennes
Monsieur le Président, Les craintes et le mécontentement des salariés de la Fnac face aux projets que vous souhaitez déployer ne sont plus à démontrer. Les nombreux débrayages et grèves qui ont eu lieu depuis un mois et demi dans les magasins sur tout le territoire et qui ont convergé ce 4 mai vers une grève nationale d’une ampleur inégalée en sont la preuve.
• l’ouverture d’une vraie négociation sur l’emploi à la Fnac et la remise à plat de votre projet back-office. Contrairement à la négociation GPEC que vous avez menée sur un périmètre sans aucun fondement juridique et qui ne pouvait que se conclure par un échec, une véritable négociation sur la gestion prévisionnelle des emplois doit, en prenant les problèmes en amont, permettre d’éviter des restructurations brutales tout en permettant d’adapter les emplois aux évolutions nécessaires à la Fnac.
A Fnac Paris, il va sans dire que nous sommes totalement disposés à renégocier l’accord d’intéressement pour les années 2007/2009, ce qui ne solde pas la question pour 2006. Nous vous rappelons d’ailleurs que nous avions émis ce souhait dès la signature de l’accord en juin 2006, car celui-ci, basé sur vos principes, n’apparaissait pas satisfaisant du tout pour les salariés.
A Fnac Relais, la renégociation de l’accord d’intéressement pour les années 2007/2009 est étudiée par les syndicats signataires de l’accord en cours d’application. Il va sans dire qu’elle ne pourrait se dérouler sereinement et efficacement que dans un climat social apaisé, ce qui, vous le reconnaîtrez comme nous, est loin d’être le cas actuellement.
Persuadés que la situation actuelle à la Fnac ne peut que vous convaincre qu’il est grand temps de négocier loyalement et sincèrement avec les organisations syndicales plutôt que de les dénigrer pour tenter de justifier le fait d’imposer vos projets à la hussarde, nous attendons une prompte et positive réponse de votre part.
6.5.07
Bilan de la journée du 4 mai
Angers, Annecy, Belfort, Bourges, Brest, Cannes, Chartres, Clermont-Ferrand, Colmar, Dijon, Grenoble Grand Place, Grenoble Victor Hugo, Le Havre, Le Mans, Lille, Lorient, Lyon Bellecour, Lyon Part-Dieu, Marseille, Metz, Montpellier, Nancy, Nantes, Nice, Nîmes, Orléans, Pau, Perpignan, Reims, Rennes, Rouen, Saint-Etienne, Strasbourg, Toulon, Toulouse, Toulouse Labège, Toulouse Micro, Tours, Troyes.
En ile de france, c'est la Fnac Forum qui s'est le plus mobilisée, en acheminant près d'une centaine d'employés sur les champs-élysées. Ils y ont été rejoints par Parinor, Montparnasse, La Défense, Italie2, Saint-Lazare, Ternes (en petit nombre), Digitale, ... pour atteindre au milieu de l'après-midi le nombre de 500 employés, qui après avoir distribué des tracts et répondu aux nombreux journalistes présents, ont bloqué l'entrée, puis investi les lieux.
A noter la présence sur les champs élysées d'employés de province et aussi de Belgique, ces derniers venant nous mettre en garde et nous faire partager leur mauvaise expérience. En effet, cela fait 2 ans déjà que les Fnac belges subissent des restructurations, et les promesses de départ de la direction, identiques à celles que l'on nous soumet aujourd'hui, n'ont pas été tenues, loin de la... Nous publierons prochainement leur témoignage.
A noter aussi la présence des employés de Surcouf (PPR) et Virgin. Le même jour, les employés de MONOPRIX ont eux aussi décidé de faire grève en revendiquant des hausses de salaire.
C'est la première fois dans l'histoire de la Fnac qu'un si grand nombre de magasins arrive à se mobiliser simultanément. C'est un succès d'autant plus important que beaucoup de magasins étaient "novices" en la matière et ne comptent que peu d'employés syndiqués. Nous sommes très heureux de constater que des gens se décident à prendre les devants et à montrer l'exemple.
Merci et bravo à tous ceux qui se sont mobilisés.
5.5.07
Mobilisation historique
Merci et bravo à tous les employés qui se sont mobilisés hier dans toutes les Fnac de France.
Cette journée a été marquée par une très forte participation, qui plus est coordonnée. A Paris, devant la Fnac Champs-Elysées, nous étions entre 400 et 500.
Nous étions très nombreux en province,dans la quasi-totalité des magasins, avec un taux de participation, allant même jusqu'à fermer comme à Grenoble.
Nos dirigeants ont (très tôt hier) annoncé un taux de mobilisation de 4%, puis de 8%, très loin de la réalité.
Néanmoins, la mobilisation aurait du être beaucoup plus forte. La direction a omis d'annoncer le nombre d'intimidations envers les employés, qui s'est encore aggravé hier... Dans plusieurs Fnac, les cadres ont veillé au grain, de manière très efficace, face à des employés toujours aussi influençables et parfois terrorisés.
Ce que l'on retiendra heureusement de cette journée, c'est la forte mobilisation, la solidarité de tous les magasins et l'impact médiatique que notre mouvement a suscité. Bravo et merci à tous.
3.5.07
Grève nationale Vendredi 4 mai
Nous encourageons tous les employés à se réunir et à suivre leurs délégués syndicaux.
Nous avons nous-même préparer un tract que vous êtes libres de télécharger, imprimer, photocopier et distribuer, à destination de notre clientèle.
Voici le kit de tractage de blogofnac. Prêt à être imprimé, et photocopié, recto-verso (format A5) :
Enfin, les employés de toutes les Fnac parisiennes sont eux invités à se réunir, en gilets, devant la Fnac Champs-Elysées, à partir de 15h.
Nous vous remercions pour votre soutien et vous demandons de nous aider, et donc de vous aider, en étant nombreux à vous mobiliser. Veuillez ne pas céder aux chantages et intimidations de la part de votre hiérarchie. Notre PDG Denis Olivennes nous l'a répété aujourd'hui, le droit de grève est inaliénable et nécessaire lorsque toute forme de débat se montre stérile.
Bon courage à tous.
Un bel exercice de communication
Des tracts qui sont accrocheurs en effet, qui parlent de beaucoup de choses, sans rien expliquer. Aujourd'hui la direction réalise que nos actions commencent à prendre de l'ampleur, que nos moyens de communication sont efficaces, que nos explications commencent à faire réagir employés et clients, et essayent maintenant de démentir par n'importe quel moyen la "désinformation" que nous représentons à leurs yeux.
Ainsi, on assiste à un mea-culpa sur l'intéressement des Fnac parisiennes, mal calculé, et on projette un futur intéressement qui sera un vrai 14ème mois, c'est promis, juré ****
**** : à objectifs atteints, ce qui veut dire que en fin de compte, ce sera hypothétiquement un 14ème mois, mais potentiellement un 14ème jour.
A vrai dire, cela ne change pas grand chose, puisque chaque année on nous promet un intéressement fabuleux pour l'année suivante...
En lisant ces tracts et ces slogans dignes de publicités pour de la lessive, on a l'impression que l'on veut vous vendre quelque chose : que l'on veut vous faire avaler n'importe quoi.
Aussi, pour marquer le coup, Denis Olivennes s'est courageusement présenté en personne dans 4 des grandes Fnac parisiennes, hier et aujourd'hui, en compagnie de messieurs Bernard Lemaire et Yvan Michel : Ternes, Forum, Montparnasse, et Chatelêt. A chaque fois devant une foule très importante d'employés.
Pour une fois d'ailleurs, tous les employés étaient encouragés à se présenter à cette "A.G" (et rémunérés aussi !). Incroyable.
Auparavant, on pouvait avoir sur "intrafnac" un avant-goût de cette réunion, en visionnant le message de paix du PDG de la Fnac, face caméra.
Denis Olivennes a ainsi le mérite de dire vouloir calmer le jeu, et expliquer la situation. Chaque débat dans les Fnac parisiennes a ainsi commencé, dans le calme et la clarté. Puis s'est installé le flou, l'ignorance, l'évitement, et enfin l'agacement, voire dans certains cas la colère.
Explications :
Notre PDG nous explique clairement qu'il n'y aura pas de licenciement, qu'il veillera à ce que chaque reclassement se déroule bien, que ce plan social est nécessaire vis à vis de la situation du disque et de la modernisation du back-office.
Il se dit choqué de la désinformation qu'il lit ça et la, et insiste bien sur le fait que la Fnac ne perdra pas ses valeurs, qu'il y est fortement attaché. Il nous assure que la nouvelle variable ne changera en rien nos comportements, mais au contraire nous rémunérera plus justement.
Mais lorsqu'il s'agit de le mettre face à ses contradictions, et de donner des réponses claires, malheureusement, Denis Olivennes n'y est plus.
Ainsi, plusieurs questions sont restées en suspend.
Si Denis Olivennes insiste sur le fait que personne ne sera licencié, qu'il y aura 100% de reclassement, nous nous sommes interrogés à plusieurs reprises.
Pourquoi invoquer la chute du disque pour justifier le reclassement des disquaires, mais ne rien faire au contraire pour augmenter les effectifs des départements produits techniques, en surcroît d'activité ? En effet, seuls les postes "vacants" sont gelés et réservés pour disquaires et employés du back-office. Aucun poste ne sera créé dans des départements qui pourtant font face à des surcroîts de clientèle et de chiffre d'affaire, et qui sont souvent en sous-effectifs chroniques. Reclasser des employés vers des postes "vacants", cela revient à supprimer définitivement des postes.
D'autre part, personne ne se fait d'illusion sur les postes proposés qui n'ont souvent aucun rapport avec le back-office ou le disque et qui précipiteront beaucoup de "reclassés" en situation d'échec. Nous disposons d'ores et déjà de témoignages et d'exemples de vendeurs en situation d'échec, abandonnés dans des domaines qu'ils ne maîtrisent absolument pas. Dans la réalité, la personnalisation et l'accompagnement ont jusqu'à maintenant été quasi-nuls.
Ensuite, Denis Olivennes a insisté sur l'indépendance des vendeurs, et minimisé l'impact de la VIM. Évidemment, notre PDG minimise son impact dans notre façon de travailler, mais maximise son impact sur notre fiche de paie. En réalité, et nous l'avons démontré, la VIM est une variable dérisoire qui incite à travailler plus pour essayer de ne pas gagner moins, nuance.
Un de ses arguments est notamment que cette variable ne représente que 10% de notre rémunération contre beaucoup plus chez nos concurrents.
Et c'est bien ce que nous dénonçons. En procédant ainsi, on fait en sorte que les vendeurs se concurrencent entre eux, sans leur donner véritablement plus. Le beurre et l'argent du beurre. L'attitude agressive d'un vendeur commissionné, sans le rémunérer davantage.
De même quand Denis Olivennes met en avant l'absence de seuil ou de plafond sur cette variable, c'est habilement jouer sur les mots. Car en effet, en théorie, il n'y a pas de plafond ! En pratique, le plafond, c'est vous, vos capacités, ainsi que le nombre de clients et de factures réalisables par jour. Reste que les pourcentages de commissions proposés sont absolument dérisoires et que "l'absence de plafond" n'y change rien... En réalité, le plafond, ce sont ces pourcentages eux-mêmes, qui sont ridiculement bas.
Pour Denis Olivennes, cette commission n'est en rien une guelte, et il continue d'encourager les valeurs d'indépendance des vendeurs (forcément, ça plaît à nos clients). Reste que les plans de vente, associés aux objectifs de la VIM, c'est une guelte. Une guelte intéressante pour lui, puisque nous nous battrons pour vendre aux clients les plan de ventes, pas intéressante pour nous, puisqu'elle ne nous rapportera rien de plus qu'une bonne VME.
Enfin, Denis Olivennes a prôné des valeurs de dialogue et de concertation avec les partenaires sociaux en prenant appui sur des personnes qui sont justement connues pour faire passer en force leurs propositions lors des instances, et éditer les compte-rendus de négociations avant même qu'elles aient eu lieu. Ce qui n'a pas manqué de faire réagir nos représentants syndicaux.
Face à ces contradictions soulevées, l'attitude a au cours de ces débats toujours été la même : on passe à autre chose, on revient sur un autre point mieux maîtrisé, on évite. Et au final, cela finit en agacement certain de la part de tous les employés. Évidemment, quand l'audacieuse opération de communication se transforme en plébiscite et argumentaire efficace pour une grève aux yeux de tous les employés des magasins, les dirigeants fuient.
Denis Olivennes a tout de même eu le mérite, avant de partir, de nous rappeler que le droit de grève est inaliénable. Merci. La plupart des cadres l'avaient oublié ces derniers temps, il était bon de leur rappeler.
Nous sommes déçus, car nous voulions des réponses, et un débat. Nous étions prêt à entendre, à écouter attentivement cet autre son de cloche, à comprendre ces besoins de modernisation, à accepter les bonnes raisons invoquées par notre direction. Or nous n'avons entendu que des fausses notes. Et toujours ce même mépris. Le seul point positif est que cette attitude de fuite nous donne raison, aux yeux et au su des centaines d'employés présents aux A.G.
A notre sens, lorsque deux parties émettent un son de cloche différent, il s'agit de déterminer laquelle de ces parties évite le débat. Laquelle dénonce la désinformation sans argumenter clairement ses points de vue. Laquelle tente de passer en force ses idées et d'intimider les plus influençables.
Nous sommes indépendants, et nous aimons notre entreprise. Nous persistons et sommes confortés dans notre action de part nos entrevues avec nos dirigeants. Nous vous encourageons à vous mobiliser demain vendredi 4 mai, pour défendre nos conditions de travail, nos rémunérations et les valeurs de la Fnac, essentielles à son succès. Essentielles à nos succès.
27.4.07
Forte mobilisation à Montparnasse
Si quelques clients pressés dénonçaient une "prise d'otage", la plupart faisait preuve de compréhension et de soutien. Ainsi beaucoup de nos clients avouent considérer la Fnac comme le dernier bastion du "choix et du bon conseil" et sont stupéfaits en apprenant nos conditions de travail.
Ils sont une majorité à dénoncer l'idée de rémunération à la commission ou de plan de vente, qui nuisent évidemment à la qualité de conseil et de service.
Nous nous excusons auprès de nos clients qui se considèrent "pris en otage" par ce genre d'actions. Veuillez croire que c'est pour vous révéler une "prise d'otage" d'un autre genre et d'une toute autre envergure.
Par ailleurs, vous pouvez lire ici un résumé avec photos du débrayage des employés de la Fnac Nice, vendredi dernier 20 avril.
A voir sinon aujourd'hui un article sur L'Humanité.fr, mais aussi ZDNet.fr, qui consacre un article sur les blogs des salariés de la Fnac, notamment Blogofnac.
De l'archaïsme à la Fnac
Nous sommes choqués par de telles déclarations. En effet, si nous avons créé ce blog c'est bel et bien pour appuyer des syndicats démobilisés et affaiblis par des méthodes d'un autre âge employées par nos dirigeants. Si nous sommes indépendants, nous voulons les soutenir et encourager tous les employés à faire de même, que tout le monde comprenne bien que les syndicats ne sont pas une entité à part et représentent chacun d'entre nous dans les instances et négociations.
Ultra-conservateurs ? Est-ce ultra-conservateur que de vouloir défendre son pouvoir d'achat alors que celui-ci plonge inexorablement vers la précarité ?
Voudriez vous que l'on soit assez "moderne" et "dans le coup" pour nous réjouir à l'idée de rattraper (vers le bas) l'alléchant salaire fixe des nouvelles Fnac Périphérie (800 euros Net), nous réjouir de ces fantastiques primes individuelles qui nous permettront peut-être parfois d'atteindre difficilement notre rémunération actuelle, ceci au prix d'une qualité de conseil et de service déplorables.
Voudriez vous que l'on se réjouisse de voir des suppressions de poste alors que nous aurions besoin de tout l'inverse ? Jour après jour, nous constatons que nos conditions de travail se dégradent. Jour après jour nous constatons que nos effectifs baissent. Jour après jour nous faisons face et essayons de sauver les meubles face à notre clientèle.
La Fnac était jusqu'ici à l'avant-garde en réussissant à instaurer des principes d'honnêteté envers ses clients et de confiance vis à vis de ses employés. Des principes qui ont toujours été moteurs de son succès. Aujourd'hui nous assistons à un grave retour en arrière qui va à contresens des besoins de nos clients et de la volonté des acteurs de l'entreprise. C'est ça, faire preuve d'archaïsme.
26.4.07
La Fnac et les médias
Vous pouvez regarder ici le reportage du journal de 13h du mercredi 25 avril nous concernant.
Il est dommage que les médias et reportages que nous observons ne parlent que du plan social, qui n'est malheureusement que la partie visible de l'iceberg.
En effet les explications qu'on entend partout, c'est la modernisation du back-office, le reclassement des disquaires. Et comment ne pas succomber à l'argument fatal de la "chute du disque", cause de tous nos maux.
Si l'on en reste la, évidemment, on en est convaincu, la fnac va mal, les vendeurs rouspètent pour rien, ils ne s'adaptent pas à leur époque...
Or vous n'entendrez jamais parler des résultats exceptionnels de nos départements produits techniques, de l'explosion des ventes d'ordinateurs, de baladeurs, de gps, de téléphones, d'écrans plasma, ou tout simplement de dvd, qui compensent largement la chute du disque et le sabotage des travaux photos. Vous n'entendrez pas parler des dividendes en hausse de nos actionnaires.
Quand le disque chute, c'est la catastrophe, mais quand tant d'autres "items" décollent, il n'y parait rien. Tout pour culpabiliser les employés.
L'idée, c'est d'avancer des explications "évidentes" en écrans de fumée, pour détourner l'opinion des vrais problèmes.
Exemple : Nos vendeurs sont aigris ? C'est qu'ils n'ont pas le sens du client. Ce n'est absolument pas parce qu'ils se sentent surchargés et sous-payés. Votre intéressement est en baisse ? C'est à cause des syndicats qui l'ont mal négocié. Le plan social du back-office ? C'est pour moderniser, on vous dit. C'est vrai que ça va être super moderne de faire plus de choses avec moins de monde. On a pourtant l'impression de revenir en arrière, loin, très loin en arrière.
Vous n'entendrez pas parler non plus des pressions subies, des intimidations, chantages et licenciements pour celles et ceux qui expriment leur désaccord.
Nous aimerions que les médias se penchent sur les vrais problèmes inconnus du public : la nouvelle politique de rentabilité de la fnac et ses conséquences sur la qualité de service à ses clients, ainsi que sur les conditions de travail de ses employés.
24.4.07
Dernières nouvelles
PPR a décidé de faire des économies, notamment en rémunérant moins ses employés. Si Surcouf s'est bien défendu et semble sorti d'affaire, nous, employés de la FNAC allons devoir subir une forte baisse de notre rémunération et de notre pouvoir d'achat. Nous devons nous mobiliser pour empêcher cela.
A Paris, le prochain mouvement aura lieu Vendredi prochain 27 avril à 15h30 devant la FNAC Montparnasse. Nous invitons tous les employés des FNAC en région parisienne à nous rejoindre pour réitérer le succès du mouvement de samedi dernier.
Une grève nationale est programmée pour le Vendredi 4 mai. Parlez en autour de vous, Mobilisez-vous !
On parle de nous
Article du Nouvel Observateur et les commentaires qui le suivent.
Article de la Croix.
Le blog tousavecpatrick.blogspot.com, créé par des employés consécutivement au licenciement d'un Responsable de la Fnac Digitale.
10.4.07
Reportage à la FNAC Saint-Lazare
Ainsi nous avons pu récupérer cette vidéo tournée devant la FNAC Saint-Lazare, mercredi dernier, pendant un débrayage.
La V.I.M
Exemple de calcul :
Nous avons pris pour exemple le rayon micro-hard, l'un des rayons qui effectuent le plus grand nombre de facture et le plus gros C.A. Les taux sont : Matériel : 0.05%, Accessoires : 0.1%, Services : 0.22%
Soit 100000 euros de C.A réalisés par un vendeur micro-hard, dont 80000 de matériel, 10000 d'accessoires, 10000 de services, ce qui constituerait un excellent mois d'un très bon vendeur, dans une FNAC à forte affluence.
La V.I.M serait donc de : (0.05% x 80000) + (10000 x 0.1%) + (10000 x 0.22%) = 40 + 10 + 22 = 72 euros.
A cela il faut ajouter un "booster", soit une éventuelle minoration pouvant aller jusqu'à -50% si les objectifs fixés au début de mois ne sont pas atteints. Ces objectifs étant très souvent calculés de manières surréalistes, nous pouvons donc nous faire du soucis. Ainsi, dans le pire de cas, la prime calculée plus haut pourrait s'élever à 36 euros, cependant au cours d'un excellent mois au cours duquel notre vendeur n'a pas chômé, loin de la...
Cela veut dire que vous serez sous pression pour une prime qui sera non seulement dérisoire, mais qui risque aussi d'être minorée, plafonnée, la plupart du temps.
On peut discuter longtemps sur le fait d'être d'accord ou non avec le principe de la commission. Ce qui mettra tout le monde d'accord c'est que la V.I.M constitue la commission la plus faible enregistrée parmi nos concurrents. Un vendeur subissant la même pression gagnera beaucoup plus à la concurrence. C'est donc un moyen d'attiser notre envie de gagner plus, sans nous rémunérer plus.
Pour les équipes qui ne réalisent pas de vente sur facture, le calcul est plus difficile à comprendre, ils sont soumis aux résultats du rayon et du magasin, et risque de prendre en compte de plus en plus d'objectifs à atteindre.
N'oubliez pas que le projet métier vous astreint officiellement désormais, à d'autres tâches, comme l'encaissement, les remboursements, la gestion, le merchandising, le réassort, etc... Des tâches pendant lesquelles vous ne ferez pas de facture, et donc ne gagnerez pas de quoi vous constituer cette magnifique prime calculée plus haut.
Les conséquences de la commission sont terribles pour la qualité d’accueil et de service. Vous chercherez à vendre au plus cher, au plus vite, tout le temps. Vous sélectionnerez vos clients en lésant les moins aisés ou les plus indécis. Vous ne vous occuperez plus que des « gros » clients, qui achètent cher, et plus de ceux qui cherchent des « petits » accessoires. La guerre entre vendeurs fera rage. Ce n’est pas de la fiction. C’est la triste réalité chez nos concurrents. Nous allons nous battre les uns contre les autres, pour espérer avoir la part d'une prime qui était bien plus importante il y a peu. Vous allez avoir l'ambiance de travail de nos concurrents, mais avec des primes bien moins élevées.
Et pour ceux qui disent que la commission n'est pas une guelte : commission + plan de vente = guelte. Peu à peu certains produits nous rapporteront plus. On peut s'attendre à ce que les objectifs qui conditionnent le "booster" soient des objectifs de plan de vente.
Ne vous leurrez pas. Dans cette optique de rentabilité à outrance, la V.I.M est l'outil ultime pour moins nous rémunérer. C'est savamment calculé à l'avance. Et c'est pourquoi nous étions une des dernières enseignes à ne pas fonctionner ainsi.
C'est une façon de créer une importante quantité de chiffre d'affaire immédiate sans se soucier des retombées à l'avenir. Combien de clients vont finir par nous fuir lorsqu'ils auront compris que nous sommes passés de "l'autre côté" ?
Songez donc à votre liberté actuelle : celle de vendre ce que vous voulez, ou même de ne pas vendre. Celle de traiter vos clients comme vous aimeriez qu'on le fasse pour vous. Celle de ne pas faire de discrimination à la facture. Celle de ne pas avoir la pression sur la quantité de factures réalisées. Celle de pouvoir compter sur vos collègues.
Nous avons bâti nos succès sur une conception radicalement différente. C'est cette conception qui nous caractérise, qui constitue l'esprit de la FNAC. C'est ce qui nous a amené au sommet.
6.4.07
Quelques précisions sur les syndicats
Nous entendons souvent des "je ne suis pas concerné pour l'instant"... "De tout façon les syndicats ils en font trop"...
Il semble en effet que le discours "démodé" des syndicats n'arrivent plus aux oreilles des employés. La plupart des salariés de la FNAC sont devenus "hermétiques" au vocabulaire syndicaliste et voient en chacun d'entre eux, une caricature.
1. N'attendez pas que l'incendie arrive à votre porte pour l'éteindre. A un moment ou à un autre, vous aurez tous "chauds aux fesses", et serez heureux de voir du monde vous soutenir.
2. Nous tenons à rappeler que notre action s'effectue indépendamment des syndicats. En effet nous pensons que si des personnes n'osent pas réagir c'est effectivement du aux pressions et manipulations organisées par la direction, mais aussi parce que les employés de la FNAC ne se reconnaissent plus dans leurs représentants.
Il est important que tous les employés, qu'ils soient de gauche ou de droite, qu'ils se sentent concernés directement ou non, comprennent ceci : il n'y a pas les syndicats, la direction, et vous au milieu.
Les syndicats, c'est nous tous. Ils existent pour nous défendre et nous représenter. Si ils sont mauvais, c'est que VOUS êtes mauvais. VOUS devez faire en sorte de les améliorer. VOUS devez les soutenir pour qu'ils soient plus proches de vos idées. Ne boudez pas non plus trop vite les "caricatures", car ils sont indispensables à la réussite des négociations avec les représentants de la direction, et se sont montrés particulièrement efficaces jusqu'alors. Mais pour combien de temps... Ils ont besoin de vous, de votre soutien et de vos idées !
Sans eux nos conditions seraient encore plus préoccupantes.
Il ne faut pas fuir parce que vous ne vous voyez pas en eux, il faut en contraire les soutenir, les corriger, les aider. Il faut que vous communiquiez ensemble pour qu'à terme, vous vous voyez en eux. Ce sont VOS élus. Ils ont besoin de vous, pour mieux comprendre vos attentes, ils ont besoin de VOS idées, de vos actions.
Sachez enfin que le droit de grève est essentiel, et inaliénable. Il est facteur de bon nombre de nos avantages d'aujourd'hui.
Si vous subissez des pressions, parlez-en à vos élus, ou envoyez-nous vos témoignages.
Nous voulons dialoguer, nous voulons nous exprimer. Hors la plupart d'entre nous sont muselés. Lorsqu'une des parties tente de passer en force, sans discussion, il ne peut s'agir que d'imposer des idées qui ne sont qu'à leur avantage. Si tout s'annonçait rose pour nous tous, nous ne subirions pas tant d'intimidations, et vous ne verriez pas vos responsables sous une telle pression.
Quand on vous marche sur le pied, il faut réagir. Nous avons dit "aïe", d'une voix fluette. Nous devons crier notre désaccord pour être entendus. Chaque voix compte. Nous comptons sur vous.
De drôles de débrayages
Dans la durée, ce genre d'actions, si l'on communique efficacement, aura un impact très important.
D'autres manifestations de ce type sont prévues ce week-end dans les FNAC parisiennes.
Une année dure 14 mois... au siège
L'intéressement des employés du siège atteint donc 1200 euros (et nous sommes très contents pour eux).
Soit en moyenne 5 fois plus que les magasins parisiens.
On se demande qui réalise le chiffre d'affaire.... qui est en première ligne... qui subit les mauvaises décisions mais fait avec ? (pôle mobilité, Fnac mobile avec Orange,...).
3.4.07
Chers Adhérents, chers clients
Nos équipes ont toujours travaillé main dans la main pour vous offrir le meilleur service possible : pas de concurrence entre vendeurs, ni entre magasins. Votre satisfaction a toujours été notre priorité, notre but. Nous avons fait le choix de l’accomplir collectivement pour être sur de le mener à bien. Notre motivation a toujours été confortée par une rémunération collective à la mesure de nos compétences, et des conditions de travail intéressantes.
Depuis quelques années, on nous reproche notre manque de disponibilité, parfois notre défaut de qualité d’accueil : c’est vrai, nous ne sommes plus aussi bons qu’avant.
La raison en est simple : nos rémunérations et nos effectifs baissent à mesure que notre charge de travail augmente. Nous sommes dirigés par des gens qui ne songent qu' à rentabiliser à outrance pour mieux nous revendre. Une direction qui méprise tout idée de commerce honnête. Leur but n’est bel et bien plus de nous apporter mutuellement. Mais au contraire exploiter notre relation de confiance. Des pressions nous accablent, des têtes tombent injustement, car on nous demande de vous trahir, vous. Vous qui nous avez fait, vous qui nous avez amené au plus haut.
Depuis quelques temps, on nous oblige à vous mentir. Nous ne sommes plus aussi indépendants que nous en avons l’air. Nous sommes tenus de vous vendre une sélection de produits, nous sommes mis sous pression pour vous inciter à prendre des crédits à des taux exorbitants. Nous vous mentons au sujet de fausses promotions, de fausses bonnes affaires, où de « choix des vendeurs » qui ne sont que les choix des plus grosses marges arrières.
Aussi, nous ne sommes quasiment plus formés. Nous sommes mis sous pression et jugés sur nos performances de ventes d’assurances ou de crédits. C’est à qui arnaquera le mieux. La cible : vous.
Pourquoi ont-ils fait ce choix ? Pourquoi assassiner l’esprit FNAC ?
Parce que l’idée de commerce honnête est une abomination pour certains. Ce sont des gens qui n’ont du commerce qu’une conception détestable dénuée de confiance. La qualité, l’objectivité, la culture, l’intelligence : ce ne sont pas des concepts rentables sur lesquels il fait bon investir.
Il vaut mieux la naïveté, la tromperie, le mensonge, la nullité : ce sont des éléments qu’ils maîtrisent, des placement sûrs. Ils ne peuvent concevoir que l’on peut vendre sans tromper. Que l’on peut réussir sans tricher.
Hors nous n’avions jamais triché avec vous. Et c’est ce qui a fait notre succès.
De même, l’idée de voir un employé toucher plus que le smic leur est insupportable. Il fallait nous remettre à notre place. C’est maintenant chose faite, à mesure que nos rémunérations baissent. Aujourd’hui un salarié fnac vit difficilement. Dans les grandes villes, payer son loyer devient problématique. Alors, ne parlons même pas du reste. Nous n’avons même plus les moyens de connaître les produits que l’on vous vend. D’experts confirmés, nous sommes passés au statut de précaires aux connaissances limitées. Mais vous, vous nous faites toujours confiance, sans comprendre notre mal à l’aise, et notre attitude de fuite.
Aujourd’hui, nos dirigeants veulent profiter de notre image prestigieuse, tout en nous forçant à changer de l’intérieur.
Si nous sommes parfois distants, si nous manquons d’entrain, c’est à cause de cela. Vous nous voyez encore comme des gens indépendants, libres et considérés, hors nous sommes soumis, accablés et méprisés par nos dirigeants.
Nous allons maintenant être payés à la commission. Nous pouvons maintenant le dire officiellement : la FNAC n’est plus indépendante. Elle est une grande surface comme les autres. Sauf qu’elle continuera à se prendre pour quelque chose qu’elle ne sera plus. Elle continuera de vous attirer dans ce qui sera désormais un guet-apens.
Si nous avons décidé de faire grève, c’est pour cela. Pour nous protéger, pous défendre notre statut indépendant. Mais surtout pour vous. Car nous revendiquons notre droit à l'honnêteté envers ceux qui nous ont fait réussir : vous. Car nous refusons de brader les valeurs louables de la FNAC. Nous vous demandons de nous soutenir. Pour que la rentabilité sauvage n’ait pas raison de la qualité de choix et de conseil que vous êtes en droit d’attendre.
Aujourd’hui nous subissons des menaces, des chantages inadmissibles, dès que nous faisons preuve de réticences, ou lorsque nous évoquons l’idée de faire grève. Cette entreprise libertaire se révèle être prise d’assaut par des dirigeants sans scrupule qui mettent en œuvre une véritable "épuration éthique". Nous sommes une majorité à dénoncer cette situation, mais notre entreprise est gangrenée « par le haut ». Nos cadres ont peur, et exécutent les ordres. Une situation de terreur s'est instaurée parmi nous.
Nous ne voulons pas assister à la fin de l’une des plus belles entreprises de commerce française, dans une époque qui ne respecte plus ses consommateurs. Nous avons besoin de vous. Aidez nous à sauver la FNAC.
Merci.
La Gratuité, c'est le vol
Les autres phrases célèbres de Denis Olivennes :
Ne jamais dire jamais.
Une erreur s'est glissée. Il fallait lire "1/14ème de mois".
Ça c'est pas de lui...
Faut-il rappeler que nous avons tous travaillé plus ces dernières années ? Et ce, non sans bons résultats. Notre pouvoir d'achat a lui, dégringolé.
Merci pour cette leçon d'honnêteté.
